USA Road Trip

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Paris, jeudi 25 aout, 4h du matin.

4000 km parcourus (2500 miles),

4 états traversés et visités (Arizona, Utah, Nevada et Californie, sans compter New York en tout début de séjour),

12 burgers,

un ours, des baleines à bosse, des loutres, lions de mer, deux chacaux (1 chacal, des chacaux….), des Oiseaux Mouche, des ratons laveurs, des phoques, des biches, des condors, des aigles, des centaines de pélicans, et le batteur de Metallica. Voilà un tout petit résumé en chiffres et en inventaire animalier de ce merveilleux road trip vécu avec Nathalie (qui a largement contribué à rendre ce voyage aussi génial avec ses blagues, sa bonne humeur, son sourire et son amour. Presque 3 semaines passées ensemble 24h/24, ça renforce et forge l’histoire d’un couple.

Les photos qui illustrent ce récit ont été prises par Nathalie et moi, sans que nous ne précisions qui a fait quoi, l’important étant les images.

Place au récit du voyage, parfois en direct de là bas (lorsqu’il y a un *), avec des réactions à chaud, et pour beaucoup, ici, en France, un peu plus à froid (malgré la chaleur étonnante qu’il règne ici en cette période caniculaire qui ne pouvait pas mieux tomber vu notre accoutumance aux températures extrêmes !!).

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New York, 5 aout

En quelle année sommes-nous ? (en dehors du fait que c’est écrit au dessus…). Lorsqu’on arrive à New York, on pourrait être en n’importe quelle année. On trouve un côté intemporel dans de nombreux endroits de la ville. Des façades, des gens, des décors, des détails. Comme on trouve des lieux ancrés dans leur temps, empreints de cette modernité qui a fait et qui fait encore les Etats- Unis.

Le réveil fut matinal : 4h15. Le vol agréable, même si on a regretté le 777 et (notamment) son superbe écran en comparaison de celui de taille ridicule auquel on a eu droit dans l’A330 du jour. C’est qu’avec Air France on s’habitue vite à un certain niveau de qualité qu’on a malheureusement pas retrouvé cette fois ci.

Un vol matinal présente l’avantage d’arriver tôt sur place, mais aussi l’inconvénient d’arriver fatigués sur place. Néanmoins, après 1h d’attente aux contrôles frontière/douanes, nous voilà enfin dehors. Et quelle claque !! 30 degrés dans une mégapole comme NYC avec bagages, vêtements pas vraiment appropriés et fatigue…

(NB : l’option la plus rapide et économique pour rejoindre Manhattan est de prendre le Air Train qui va jusqu’à Jamaica Station (ligne rouge sur le plan). De là, prendre la ligne E qui vous emmènera directement dans le centre pour la modique somme de 7,50 dollars. On peut également prendre la ligne F en s’arrêtant à la station Forest Hills si jamais la ligne E ne s’arrête pas près de votre hôtel. )

La chaleur dans les couloirs du métro est aussi surprenante que désagréable, mais heureusement, les américains aiment la clim, et les rames du métro sont fraiches. Une bonne heure de plus pour arriver au centre de la grosse pomme, quelques centaines de mètres à pied et nous voilà arrivés à l’hôtel : Double Tree By Hilton. Idéalement situé, sa position centrale nous permet de déambuler à notre guise dans une ville qu’on connaît déjà suffisamment bien pour ne pas avoir de programme particulier.

Nous nous arrêtons manger une excellente “slice of pizza” sur la 7th. Un moment simple mais typiquement new yorkais que nous apprécions. (D’autant qu’après coup on se rend compte à quel point les pizzas étaient succulentes en comparaison de celle de Sausalito).

C’est en marchant vers Chelsea que nous tombons sur une « cage », un de ces fameux terrain de basket de rue sur lequel une équipe cosmopolite dispute un match. Ce sont vraiment ces moments qui font de NYC une ville particulière par rapport à tout autre endroit de ce monde : l’animation et le dynamisme qu’on y trouve sont uniques au monde.

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En 1 bloc, on passe d’un quartier de vie dans lequel on ne croise pas de touristes à la très fréquentée High Line qu’on empruntera sur quelques centaines de mètres pour aller découvrir Chelsea Market (et par la même occasion prendre un peu le frais sous les énormes ventilos de cette ancienne usine superbement réhabilitée, en goutant une des meilleures glaces qu’on ai pu déguster (plus de 11 dollars pour nous 2 quand même…mais promis, j’essaierai de ne pas revenir tout le temps sur les prix hallucinants de la ville).

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Retour à l’hôtel après avoir marché 4 bons kilomètres alors qu’on a fait 8h d’avion et 6h de décalage horaire dans les pattes.

C’est de là que j’ai commencé ce récit d’un voyage qui risque bien d’être incroyablement riche. Ici il est 18h42. Chez nous 0h42. Il nous faut nous motiver un peu pour ressortir mais il fait beau, chaud, et on est dans la plus folle ville du monde alors….

Retour du Shake Shack de Madison Square . Impossible d’aller jusqu’à Brooklyn dans notre état de fatigue. Mais grand bien nous a fait de choisir ce parc au pied du Flatiron Building. La file d’attente nous aurait rebuté en France. Ici, l’efficacité (et fort probablement aussi le fait que nous soyons en vacances), nous auront donné le courage d’attendre après les meilleurs burgers de NY (du monde ?).

Malgré la foule, il règne une atmosphère paisible qu’on retrouve rarement dans les grandes villes, et encore moins à Paris (désolé, mais je m’amuse souvent à comparer les 2 villes).

Pour comprendre pourquoi NY est NY il faut….venir à NY !!! Et oui, c’est con, mais cette ville est difficile à décrire. Ou alors elle est trop facile à décrire. Tout le monde dit que NY est géniale, mais pourquoi ?

Pour plein de raisons bien sûr. Et la 1ère selon moi (nous, Nathalie et moi ressentons la même chose ici), c’est l’état d’esprit qui y règne. Paris a beau être Paris, jamais elle ne rivalisera avec l’état d’esprit new yorkais. Touristique à souhait, la ville a su garder une authenticité, une personnalité que je n’ai jamais trouvé ailleurs. Ce je ne sais quoi gentiment beatnik, cool, cette politesse et ce savoir vivre inégalé (qu’on retrouve un peu partout dans les pays anglo-saxons cela dit).

New York, 06 aout

Les lits américains sont les meilleurs du monde. Voilà. Je pourrais m’arrêter là.

Il est 9h, nous nous préparons à repasser une belle journée très chaude (32 degrés prévus). Du coup nous allons essayer de trouver un peu de fraicheur au bord de la mer vers Coney Island que nous n’avons jamais visité. La suite ce soir.

………………….

Et voilà, nous sommes de retour  à l’hôtel. Une bonne grosse journée sous la chaleur vraiment étonnante pour cette ville qu’on a connu sous des températures négatives !! Après un petit dej au Prêt à Manger nous prenons le métro pour le sud de Brooklyn à Coney Island. Il y a souvent de l’animation dans le métro new yorkais. Quand ce ne sont pas d’excellents musiciens, des acrobates ou des danseurs réalisent des prouesses à l’intérieur des rames.

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Autant le dire tout de suite : on a adoré l’endroit !! Là encore on se croirait transportés dans une autre époque. Les images typiques sur les façades, l’iconographie des enseignes, tout y est ! Rien à voir avec  la cité tentaculaire qu’on vient de quitter. Cela me rappelle même un peu les côtes belges. Tout y est délicieusement kitsh, mais comme on aime. Coney Island est un résumé de l’Amérique des années 50/60 telle qu’on l’imagine grâce aux films et séries qui ont bercé notre jeunesse.

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Nous nous dirigeons vers le Pier, cette avancée dans la mer typique des côtes américaines. C’est le seul endroit ou l’air est respirable. L’ambiance y est sympathique, on y rencontre surtout des pêcheurs, dont certains écoutent de la musique à fond. On se croirait encore et toujours dans une sitcom. Les gens parlent fort, sur-jouent, alors qu’en réalité, ils vivent, tout simplement.

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C’est la réflexion qu’on s’est fait : en fait quand on regarde des films ou des séries américaines, on trouve les acteurs excellents, voire géniaux. Finalement, ils sont simplement eux. Les français jouent la comédie. Les américains jouent la vie. C’est probablement pour ça qu’on s’attache aussi rapidement aux personnages.

Retour sur le front de mer bordé par les attractions de la fête foraine qui a fait le succès de l’endroit. Il est parfois difficile d’expliquer ce qu’on ressent. La même chose en France nous laisserait de marbre (à vrai dire on ne fréquente jamais les fêtes foraine française, l’ambiance y est….différente), mais ici on est aux States, du coup c’est cool. C’est con comme réflexion, mais je ne vois pas bien comment expliquer les choses autrement.

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Dès notre arrivée, une enseigne attire notre attention, et le logo est sur tous les T-shirts des magasins de souvenirs : Nathan. La file d’attente ne ment pas, mais notre motivation à attendre  “le meilleur hot dog du monde”  est limitée. A la place nous rentrons dans un bar à l’ambiance typico avec ses photos anciennes et objets d’époque partout sur les murs. Nous nous laissons tenter par la découverte de la Mermaid Pilsner, LA bière de Coney Island, dont le goût plutôt fruité la rend vraiment succulente.

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Cela fait déjà un moment que nous traînons sur place, et avec le soleil qui refait son apparition, la chaleur devient presqu’accablante. Nous décidons de rentrer et nous arrêter à une des pizzerias que nous avions retenues avant notre départ : la H&V. Mais les travaux sur la ligne du métro rendront l’entreprise un peu pénible, car il nous faudra dépasser la station, puis reprendre un métro pour y retourner (et…il fait toujours aussi chaud). Nous sortons donc sur la 18th Street. On est loin de l’image bourgeoise de Brooklyn qu’on a souvent dans les récents reportages ou dans les films. Ici, c’est un quartier de vie très populaire qui nous attend. Et s’il ne faisait pas si chaud (et que la pizzeria ne s’était pas avérée décevante), nous aurions peut-être pris le temps de remonter quelques blocs.

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*Nous sortons le plus près possible de Dumbo (le célèbre quartier de Brooklyn avec la vue sur la Skyline) et le quartier que nous découvrons est déjà plus avenant. Cette partie de Brooklyn est vraiment sympa, avec une belle réhabilitation de ce quartier historique de la ville (il fait office de décor au fantastique film de Sergio Leone « Il était une fois en Amérique » qui a immortalisé la vue sur le pont de Manhattan (et non le pont de Brooklyn comme on pourrait le croire).

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Nous avions oublié notre adaptateur pour les prises américaines et en trouvons un vraiment pas cher ( à peine 2 dollars) dans un magasin tenu par des indiens (si vous voulez du pas cher, c’est chez eux qu’il faut aller), alors qu’à Manhattan, pas moyen d’en trouver un à moins de 20 dollars !

La chaleur présente depuis le début de journée était annonciatrice d’orage, que nous attendons pour rafraichir l’atmosphère. Nous espérions quelques éclairs sur Manhattan mais il n’en fut rien. Dommage. En tout cas, cette petite pluie nous aura fait du bien, mais il fait toujours aussi chaud lorsque nous arrivons devant la désormais célèbre enseigne de pizza : Grimaldi’s Pizza.

A chacun de nos passages devant ce restaurant il y avait toujours une queue impressionnante. Cette fois, l’heure encore relativement précoce pour dîner (17 heures passées) nous permettra de gouter enfin ces fameuses pizzas !

La salle est bondée (on mange vraiment à toute heure là bas), et on se retrouve dans un endroit à la déco bien typique. Que des touristes autour de nous bien entendu, mais qu’importe.

Le restaurant propose peu de choix de pizza, et c’est tant mieux. Ici, on revient aux bases de la pizza : une patte succulente, du fromage et de la sauce tomate. Basta. Et après coup, on se rend compte à quel point leurs pizzas sont savoureuses. Pas besoin d’en faire 3 tonnes finalement. Une pizza pour 2 suffit largement, on est loin des pauvres pizzas du sud de la France….

Tradition oblige, impossible de passer à côté du Shake Shack de Brooklyn sans y entrer et prendre un de leur délicieux Milk Shake à la fraise que nous allons déguster avec la Skylyne de Manhatan en toile de fond et en tongs…

On voulait traverser le pont en tongs. C’est con mais ça nous amusait parce que ça nous rappelait l’émission d’Antoine de Caunes « en tatanes à Manhattan ». On ne se lasse pas de se promener sur ce célèbre pont très très fréquenté, surtout au coucher du soleil. Mais quel plaisir. Après l’avoir fait en mars sous un froid glacial, puis en octobre sous un soleil d’automne, nous y voilà en plein été et le plaisir est toujours le même !

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Mais le pont est long, et les tongs sont loin d’être les chaussures les plus adaptées pour marcher à New York, sachez le (comme si vous aviez besoin de moi pour le savoir…).

Nous reprenons le métro pour une dernière promenade hyper touristique, mais difficile de ne pas céder à la tentation d’aller voir Time Square le soir. Toujours aussi fréquenté, et encore plus aux beaux jours, le lieu ne manque pas de contrastes. On aime ou on déteste. On devrait détester, il y a bien trop de monde, pas vraiment de boutique intéressante. Mais ça fait partie de la folie de NY, et même si on y traîne pas des heures, un passage est toujours apprécié.

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Par contre, grosse déception, le célèbre magasin de jouets Toy “R”Us (avec la grande roue à l’intérieur) n’est plus. On en revient pas, cette enseigne qui faisait partie intégrante de Time Square va être remplacée par un Gap….rien ne va plus dans ce monde mercantile de merde. Même les traditions ne résistent pas.

New York, 7 aout

*Dernière journée new yorkaise avant le début du road trip. Nous laissons les bagages à l’hôtel et décidons de faire un petit retour en arrière en retournant sur le lieu de notre toute première visite lors de notre premier séjour en amoureux à NY : East Village. Il fait encore relativement bon ce matin (même si ça tape déjà pas mal) et c’est à pied en suivant une partie de Brodway que nous nous y rendons. Nous sommes dimanche, et il y a déjà pas mal d’ambiance dans les rues. C’est là qu’on se rend compte à quel point cette ville doit être agréable à vivre (si tant est qu’on ait de l’argent…). Déjà, contrairement à chez nous tout est ouvert (et oui, on ne devient pas riches sans travailler…), et les artistes de rue contribuent à cette bonne ambiance qu’on apprécie tant dans certaines villes des States.

East Village est un quartier qu’on apprécie car il est un des berceaux du punk et du rock n’roll. L’ambiance y est détendue, c’est un vrai quartier de vie avec son petit marché du dimanche matin et les sympathiques adresses pour « bruncher ».

Nous terminons ensuite notre court séjour par Central Park. Impossible de ne pas aller nous promener dans le parc le plus célèbre du monde un dimanche d’été !!

Nous passons acheter des sushis au Time Warner Center situé à l’entrée Sud-Ouest du parc (impossible de le rater, il est à côté de Colombus Circle et de l’hôtel Trump…) et allons les déguster en regardant un match de base-ball dans l’herbe. Encore une chose qu’on ne ferait jamais en France : aller au parc quand il fait beau, et encore moins un dimanche. Mais là, nous sommes à Central Park, et ça n’est pas par hasard que le lieu sert souvent de décor dans les films. C’est extrêmement vivant, touristique et familial mais très appréciable. On s’autorise même une petite sieste à l’ombre (il fait 31 degrés), entourés des énormes buildings flirtant avec le ciel bleu azur.

Manger des sushis à Central Park en buvant une bière et en regardant un match de base ball…voilà un bon moment dont on se souviendra longtemps.

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En revanche, la chaleur est accablante, l’air est plus étouffant qu’en centre-ville (plutôt curieux d’ailleurs), et la fatigue avec le décalage horaire n’aident pas vraiment. Passage obligé par Strawberry Fields (impossible de louper ce coin de Central Park, l’animation, et le business associé, autour des Beatles y est toujours étonnante), puis nous récupérons le métro puis regagner l’hôtel afin de récupérer les bagages, et direction JFK pour notre avion en partance pour Phoenix. Il faut vraiment compter large pour rejoindre l’aéroport, même avec le métro express (quasiment 1h30).

Premier vol national avec Delta Airlines pour ma part. Plutôt excitant tout ça. La dame qui s’occupe de notre enregistrement est vraiment très sympa mais nous remarquons son âge plutôt avancé et sommes touchés par le fait qu’elle soit toujours aussi souriante et agréable alors qu’elle doit soulever de lourdes valises à longueur de journée (le système de pesée des valises n’est pas le même qu’en France), et c’est là qu’on se dit que les Etats-Unis ne sont pas qu’un pays parfait…le système de retraite est loin d’être aussi bon qu’en France (espérons, mais c’est mal barré, qu’on en arrive pas à ça chez nous…).

Le vol s’est très bien passé, d’autant qu’on a eu la chance de n’être que 2 sur une rangée de 3 (décidément, les trajets en avions nous réussissent !!), ce qui nous aura permis de nous reposer pour ce vol qui nous aura encore bien décalé (on passe de 6 heures de décalage avec la France, à 9 heures, pas facile à gérer pour un début de road trip).

Arrivés à Phoenix, on se prend directement une grosse claque de chaleur, alors qu’on était déjà habitués à New York, mais là il fait nuit et encore plus de 35 degrés ! Nous prenons la navette pour le Rental Car Center, plutôt vide à cette heure ci.

Nous avions réservé un Rav 4 afin d’avoir de l’espace pour pouvoir dormir dans la voiture si besoin. Le seul Rav 4 disponible n’avait pas la clim…et vu les températures, impossible de s’en passer.  Mais Nathalie avait reperé une Jeep Patriot qui correspondait parfaitement à l’ambiance de notre road trip.

Le choix d’un 4×4 pour traverser le pays n’est pas obligatoire, mais franchement appréciable. Les routes sont parfaitement entretenues, mais avoir de l’espace pour les bagages lorsqu’on va camper n’est pas négligeable, et il y a certains endroits lors des visites qui se font sur des routes cabossées, donc si vous avez le choix, pas d’hésitation à avoir.

Nous arrivons quelques minutes plus tard dans ce qui est pour moi mon 1er motel. C’est con, mais les motels font partie intégrante du paysage visuel et télévisuel du pays. On ne peut pas vraiment dire que les films aident à vouloir aller dans les motels. Ils sont souvent glauques. Celui de Phoenix, le Travellodge (une chaîne de motels qu’on retrouvera souvent au cours du voyage) est tout à fait correct. Je ne m’attendais pas à aussi bien à vrai dire. La chambre est spacieuse, confortable, et bien équipée.

Lundi 8 aout, Phoenix/Sedona/Flagstaff /Williams/Grand Canyon

 

 

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Contraste du jour : dormir au camping du Grand Canyon alors que nous étions à New York la veille.

*Le grand voyage commence enfin !!! Et tôt ! Mélange d’excitation et de décalage horaire, nous nous réveillons avant que le soleil ne se lève pour découvrir un superbe ciel qu’on ne peut s’empêcher d’apprécier et de photographier sur fond de décor de motel. On se croirait vraiment dans un film avec les montagnes au loin. Je me souviens parfaitement de ce début de road trip. Ca n’est qu’un motel, mais on trouvait ça génial d’être là. Ca peut paraître idiot et difficile à comprendre mais tous les éléments étaient réunis…

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Après un petit dej plutôt frugal (on se rendra compte que les motels ne sont pas vraiment réputés pour la qualité de ceux-ci), c’est le grand départ.

Je n’avais jamais conduit de voiture automatique. Commencer dans une grande ville comme Phoenix peut ne pas sembler être une bonne idée, mais on s’y fait plutôt vite. Je suis impressionné par la taille des rues, mais surtout par le fait de conduire aux Etats Unis, tout simplement.

Nous  ne visitons pas Phoenix dont l’intérêt semble assez limité et rejoignons rapidement la route 17 qui nous emmène directement vers le nord. Ca y est on y est !! Le concept du road trip est né aux Etats-Unis dans les années 50 et on comprend aisément pourquoi. Les routes sont superbes, et à peine sortis de la grande ville on ressent vraiment cette sensation de liberté.

Conduire en France est parfois agréable, mais la traversée des nombreux villages et des nombreux dos d’âne (une véritable épidémie française !!) est devenue pénible avec toutes les restrictions (vitesse de plus en plus limitée, radars innombrables, police omniprésente…). Aux Etats-Unis c’est tout l’inverse. Les routes sont nickel, propres, belles, les vitesses sont bien entendues limitées, mais vu les paysages traversés, prendre son temps en conduisant est un véritable plaisir, et vu les dénivelés rencontrés, difficile de dépasser les limitations (d’autant que la voiture a un moteur assez limité…).

Autre point important et intéressant : toutes les routes qu’on aura empruntées (et sur 4000km on en a pris pas mal…) sont gratuites. Ca aussi ça change beaucoup de choses par rapport à la France dans le plaisir du déplacement !! Et les routes sont vraiment parfaitement entretenues, super sécurisantes avec des panneaux fréquents demandant aux automobilistes de rester à droite si l’on ne double pas (dommage que ce rappel ne soit pas fait plus régulièrement en France…).

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Et dernier point vraiment très appréciable : les radios américaines. Pour qui comme nous aime le Rock ou le Hard Rock, ici on est servis !! Il suffit de choisir le thème : Rock ou Classic Rock, et là c’est une plongée dans les 70’, 80’ et un peu de 90’ qui commence. Quel bonheur de conduire au son des Hendrix, Black Sabbath, Led Zeppelin, Bon Jovi, Gun’s n Roses etc etc. Franchement, rien que pour ça, ce pays est le meilleur du monde et la France prouve une fois de plus (à vrai dire à mes yeux je n’en avais pas vraiment besoin pour m’en convaincre) à quel point elle n’est pas du tout Rock n’Roll !

Notre première étape devrait être Flagstaff, une ville située sur la célèbre Road 66. Mais avant cela nous faisons un léger crochet par Sedona dont nous ne savions pas vraiment à quoi nous attendre. Autant dire tout de suite qu’on s’est pris une 1ère claque visuelle à laquelle nous ne nous attendions pas. On s’est sentis bien tout de suite là bas !!

Tout y est tellement beau, propre. Plusieurs fois j’aurais ressenti cet effet « Disneyland » que je n’apprécie pourtant pas particulièrement. Je m’explique : Disneyland est fait pour se sentir bien, des jolis décors, un sentiment de monde magique, parallèle…et bien, Sedona et ses environs c’était ça. La ville ne présente pas d’intérêt particulier sur le plan historique, mais on s’y sent bien.

La claque visuelle n’est pas dans la ville, mais dans l’environnement immédiat de celle-ci. Elle a été construite dans un décor fabuleux de falaise ocre. Il ne nous aura pas fallu longtemps pour entrer dans le vif du sujet, et quelle entrée en matière !!

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Il fait beau, il fait chaud, et nous sommes bien. On sent tout de suite que ce voyage va être à la hauteur de nos attentes et on se demande même comment va être la suite alors que la 1ère étape est aussi belle.

L’endroit est réputé pour son église ultra moderne construite à flan de falaise dans un décor majestueux. La visite vaut vraiment le coup d’œil.

Nous n’avions pas prévus de nous y attarder plus que ça et continuons donc notre route. Le crochet par Sedona ne représente pas vraiment un détour en terme de kilomètres, mais la route (qui traverse de superbes montagnes et décors dans lesquels nous aurions aimés pouvoir séjourner) augmente quand même un peu le temps de trajet. Le temps presse un peu si nous voulons profiter et assister au coucher du soleil au Grand Canyon, et nous avons encore 2 villes à visiter avant d’y aller.

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Nous attendions un peu trop de Flagstaff et la ville n’a pas été à la hauteur de nos attentes. Nous y sommes arrivés en tout début d’après-midi, et l’activité y était plutôt limitée. Notre séjour se limitera finalement à aller faire les courses au Wallmart du coin pour préparer nos nuits au camping.

Les prix sont assez elevés dans les parcs, et acheter de quoi prendre le ptit dej et faire des sandwichs dans les grandes surfaces est assez intéressant sur le plan financier et très pratique. Nous achetons 2 glacières en polystyrène à 3 dollars pièce que nous laisserons sur place à la fin du séjour et dans lesquels nous plaçons de grosses poches de glaçons qu’on trouve partout aux Etats-Unis.

Williams n’est situé qu’à ½ heure de Flagstaff. Nous sommes censés emprunter un tronçon de la route 66, mais ne vous attendez pas à rouler sur une route de l’époque. En fait, les tronçons d’origine sont devenus rares, et c’est sur une 2X2 voies que nous arrivons à destination.

Au fil de notre séjour, on se sera rendus compte que ce ne sont pas forcément les destinations dont tout le monde parle qui nous auront le plus charmées. On aura eu aussi une petite déception avec Williams dont on attendait également certainement de trop. C’est joli, charmant, typique, la ville joue à fond la carte du mythe « road 66 », mais ça ne nous a pas suffit. En fait, on a l’impression que si l’on ne passe pas la nuit sur place on a un peu de mal à rentrer dans l’ambiance d’une ville. Il y a des magasins de souvenirs sympa avec pleins d’objets type western ou typés 50’/60’, des restaurants et bars d’antan, mais finalement, certaines villes sur lesquelles on ne comptait pas forcément plus tard nous auront plus séduites.

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Et de toute façon nous avons surtout l’arrivée au Grand Canyon en tête et reprenons donc assez rapidement la route pour la dernière heure de la journée à parcourir.

Les parcs nationaux aux Etats-Unis sont de véritables institutions. Ils existent depuis de très nombreuses années et sont des références en matière de gestion de patrimoine naturel. Nous entrons donc dans le Parc National du Grand Canyon par l’entrée Sud, celle par laquelle passe la majorité des visiteurs. Arriver dans cet endroit pour moi c’est comme aller à Disneyland pour de nombreux français : on entre dans un autre monde. Nous croisons de fait notre 1er Ranger, autre institution du pays, qui nous délivre notre passeport annuel. Sésame permettant d’entrer dans la majorité des parcs des Etats-Unis (contre la modique somme de 80 dollars…). Tous les Rangers que nous auront pu croiser étaient vraiment très sympa. On sent qu’ils ont conscience de la chance qu’ils ont de travailler et de gérer de tels endroits et ne sont jamais avares de bonnes informations et conseils.

Sitôt passé l’entrée nous croisons déjà nos premières biches. On croit rêver. Ici tout n’est que nature. Une nature sublimée. L’arrivée au Grand Canyon n’est pas celle qu’on pourrait croire. On est loin d’un désert. L’altitude est de presque 2000m et c’est donc une belle forêt que nous traversons pour rejoindre le Mather Campground, le camping du Grand Canyon que nous avions réservés depuis plusieurs mois (et heureusement car au mois d’août, tous les campings affichent complet).

Là encore les américains ne font pas les choses à moitié. Pour 20 dollars on a droit à un superbe emplacement au milieu des pins, avec table de pique-nique et barbecue individuel. On est loin des campings français avec des parcelles minuscules et rectilignes offrant une superbe proximité avec ses proches voisins…

L’endroit est vraiment magnifique, calme, ombragé, et on comprend aisément qu’autant d’américains soient adeptes du camping.

C’est avec un véritable enthousiasme que nous montons notre modeste campement avant d’aller enfin découvrir ce fameux canyon.

On s’en rendra compte au fur et à mesure du voyage, mais l’organisation dans les parcs est vraiment sans faille. A l’américaine quoi. Tout y est beau et bien pensé. Reste à savoir où aller pour découvrir ce canyon géant. Nous optons dans un 1er temps pour la solution de facilité en allant vers le Visitor Center, là où se concentre la majorité des touristes.

Honnêtement je m’attendais à être plus dérangé par l’affluence. Finalement, on se rendra compte que le Grand Canyon n’est pas le lieu le plus fréquenté, une impression probablement liée au gigantisme de l’endroit qui fait que les visiteurs sont assez dispersés. Bien sûr il y a du monde, surtout en cette fin de journée, et sans connaître le terrain il n’est pas évident de se trouver un coin tranquille.

Tant qu’on est pas au bord du canyon, impossible de deviner sa présence. C’est assez étonnant. Comme si la nature avait fait les choses pour garder le suspens jusqu’au bout ! Et on a beau avoir déjà vu des centaines de photos ou des reportage du lieu, tant qu’on ne l’a pas vu en vrai, on ne peut pas se rendre compte de sa beauté et surtout de son gigantisme.

Fan du Verdon et son plus grand canyon d’Europe, ce dernier paraît bien petit face au géant américain ! C’est d’ailleurs presque trop grand. Il faut aller voir plusieurs points de vue différents pour vraiment appréhender le lieu.

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En tout cas, l’effet est garanti, nous restons bouche-bée, et l’émotion nous gagne. Enfin nous y sommes…alors qu’hier encore nous étions à New York !!

Nous prenons ensuite la navette gratuite pour aller assister au sunset à Yaki Point, un point de vue moins fréquenté (quoique…). La circulation automobile est limitée dans le parc, et heureusement. L’endroit est beau (comme tous les points de vue sur le Grand Canyon finalement), mais contrairement à ce que préconise le guide du routard, on a pas trouvé qu’il était idéal pour le coucher du soleil puisque la vue n’est pas complètement dégagée vers l’ouest. Mais peu importe, si l’on avait pas à partager ce moment avec d’autres touristes, dont quelques italiens très bruyants (impossible de ne pas croiser d’italien sans savoir qu’ils sont italien…), le moment serait vraiment idyllique. Le sunset sur le Grand Canyon est un moment rare, à vivre. Les couleurs deviennent incroyables et on sent encore plus le gigantisme de l’endroit lorsque le canyon entre progressivement dans l’ombre.

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La nuit tombe vite, il nous faut reprendre la navette, qu’on va devoir attendre un peu car il y avait plus de monde que ce qu’on aurait cru. Nous retrouvons notre voiture au parking (n’hésitez pas à prévoir une lampe de poche) et rentrons au camping où nous mangeons nos sandwichs sur la table de pique-nique. Nous passons vraiment un moment agréable. Il fait frais (nous sommes en altitude et en forêt), c’est calme, on peut observer les étoiles à travers les pins.

J’attendais ce moment avec impatience et je n’ai pas été déçu. Ca passe d’ailleurs bien trop vite. On pensait souvent à notre arrivée, au montage de la tente. Nous avions bien pris le temps de choisir le meilleur emplacement possible sur le site http://www.recreation.gov/ et y être était….il n’y a pas de mot. Nous rêvons déjà à un prochain séjour.

Mardi 9 aout, Grand Canyon/Monument Valley

Contraste du jour : passer du Grand Canyon à Monument Valley.

*La nuit fut courte et fraîche. Après le coucher de soleil, place au lever avec un réveil à 5h pour un lever à 5h23…

Impossible de manquer ce sublime moment qui propose une ambiance différente du coucher du soleil, notamment parce qu’il y a bien moins de monde et que la lumière est vraiment superbe. Cette fois nous ne cherchons pas les complications et allons au point de vue le plus proche. Il y a déjà quelques personnes installées, l’ambiance est calme et sereine, seuls les plus courageux se sont levés pour assister à ce moment magique.

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Le soleil se lève très vite et dépasse rapidement les plus hauts points du canyon pour aller éclairer le bas et faire rougeoyer les falaises. Il faut donc prévoir d’y arriver

Nous dégotons un point de vue en passant au-dessus de la barrière. Une dame nous dit même “you’re crazy guys” alors que c’est très facilement accessible. Cela permet surtout de « plonger » plus en avant dans le canyon. Mais aussi de se retrouver seuls face au géant. Le vent souffle, il fait vraiment bon le matin, mais prévoyez quand même une doudoune si vous êtes frileux.

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Nous décidons ensuite d’aller prendre le petit déjeuner et de démonter la tente pour pouvoir poursuivre tranquillement notre visite du canyon au cours de la matinée. Ca y est, ce moment qu’on attendait depuis si longtemps est déjà terminé, mais heureusement ce ne sera pas le seul camping du séjour.

Nous reprenons une navette pour aller visiter le côté ouest du canyon vers Hopi Point. Il doit être environ 9h, le soleil est déjà bien haut, mais il fait encore suffisamment bon pour se promener avec plaisir et les visiteurs se font rare. Quel moment magique que de marcher au bord du canyon (en dehors des points de vue les plus fréquentés, il n’y a pas de barrière, le canyon est tel qu’il doit être, libre de toute installation humaine). Chaque point de vue est incroyable et on ne se lasse pas d’apprécier le géant.

Je vois soudain quelque chose voler très vite pour m’apercevoir qu’il s’agit d’un oiseau mouche !! Je n’en avais jamais vu et malgré la furtivité du moment nous trouvons ça magique !

Puis ce sont les condors qui se présentent à nous. On a évidemment tout de suite en tête la chanson du dessin animé…là aussi c’est la 1ère fois que nous pouvons observer cet oiseau plus majestueux de loin que de près (son cou nu n’en fait pas le plus beau des rapaces).

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Autre moment complètement fou : 2 coyotes jaillissent dans les arbres à quelques mètres de nous ! C’est qu’on n’a pas vraiment l’habitude chez nous de côtoyer la vie sauvage d’aussi près !!

On poursuit encore notre promenade jusqu’à Mohave Point afin de prendre la navette vers le « terminus » : Hermit’s Rest (qui a d’ailleurs donné son nom à la route). L’endroit est historique, il y a une belle boutique dans une superbe maison à la cheminée immense.

Retour par la navette pour une petite 1/2h de trajet jusqu’au village. Et là, si je n’avais qu’un seul conseil à donner : si vraiment vous voulez profiter du grand canyon, levez vous tôt !!

La file d’attente pour la navette (il est environ 11h) est horriblement longue. Là on a vraiment une impression de tourisme de masse. Franchement, je ne suis pas sûr qu’on aurait apprécié autant notre promenade le long du canyon si on avait du la partager avec tous ces gens (la suite du voyage nous donnera d’ailleurs raison à Bryce, Zion ou encore Yosemite). Devoir faire la queue pour prendre une navette casse un peu le côté sauvage et libre de l’endroit…

Notre étape suivante, et quelle étape : Monument Valley !!

Mais avant d’y arriver la route est longue, d’autant que la route pour y aller est celle qui longe le canyon vers l’Est, donc jalonnée d’autres points de vue tout aussi grandioses que ceux auxquels on a déjà eu droit.

Si l’arrivée par l’entrée Sud du parc n’offre pas de vue immédiate sur le canyon, celle par l’entrée Est est toute autre. A vrai dire, je ne saurais laquelle choisir. Peut être l’entrée Sud car elle réserve la surprise jusqu’au bout….

Le paysage change radicalement dès qu’on passe l’entrée (en l’occurrence la sortie pour nous) Est. Le thermomètre commence à s’affoler en approchant les 40 degrés, et on entre en territoire indien. Le paysage devient très hostile : un  mélange de désert et de dunes de sable dur balayées par le vent. Très photogénique aussi, si tant est qu’on puisse prendre le temps de s’arrêter et de supporter la chaleur et le vent.

On passe vraiment du cocon touristique du Grand Canyon à une réalité plus brut(al)e, pas forcément évidente à décrire. Mais sur les 200km qui nous séparent de Monument Valley, il y a très peu de vie, pas vraiment de motels, peu de ville, peu de stations essence. C’est à voir. A vivre. Finalement, on sent vraiment la différence entre les territoires indiens et les autres.

Et parfois le paysage rechange en redevenant verdoyant et un peu montagneux. La route pourrait paraître lassante et longue, d’autant qu’on ne capte pas la radio dans ce désert. Mais il n’en est rien. J’ai vraiment beaucoup apprécié de conduire là bas.

Etape pratique avant d’arriver vraiment dans le vif du sujet avec le passage essence/course à Kayenta, seule vraie ville du coin où, c’est à noter, on ne peut pas trouver d’alcool (c’est valable dans tous les territoires indiens par rapport à la difficile question de la gestion de l’alcoolisme local. Dommage, les bières qu’on avait achetés la veille sont dégueulasses…).

La dernière portion de route depuis Kayenta est fabuleuse, on entre vraiment dans un autre monde, celui des cowboys et des indiens !! C’est cliché, mais ce pays est bourré de clichés, et c’est pour ça qu’on l’aime autant. Ces images qu’on a en tête depuis tout petit, ces films, ces séries qu’on aime, ici on est en plein dedans.

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L’entrée à Monument Valley n’est pas comprise dans le pass annuel (territoire indien oblige), et il n’est pas possible de voir les 3 formations rocheuses mythiques si l’on ne s’acquitte pas de 20 dollars supplémentaires (qu’on paiera avec plaisir vu la beauté du lieu).

La solution la plus classique est de résider à l’hôtel The View (dont je parle après mais je reviens en arrière dans le récit). Mais celui-ci étant souvent complet des mois à l’avance, c’est au camping de l’hôtel que nous dormirons. Et grand bien nous a pris : on dort à même le sable chaud et rouge de Monument Valley, sur la colline juste en face. Magique. Là encore le camping est loin d’être classique et de ressembler à ce qu’on trouve chez nous. Les espaces ne sont pas délimités, on a vraiment la sensation de faire du camping sauvage avec quelques personnes autour de nous (il n’y a que 30 emplacements).

Il y a de nombreuses choses à faire à Monument Valley, notamment une promenade dans le parc sur une route cabossée (d’où l’intérêt du 4×4). Bien sûr on est pas seuls, mais ça ne nous empêche pas de nous prendre une claque par les paysages traversés. On peut s’arrêter un peu où on veut, et on voudrait d’ailleurs s’arrêter toutes les 2 minutes !!

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Nous n’aurons pas le temps de faire une promenade à cheval, et les prix exorbitants ne nous laisseront de toute façon pas vraiment le choix, mais on pense déjà à une prochaine fois parce que ça doit vraiment être très sympa de se promener là bas à dos de cheval. Cliché, mais tellement logique le cheval…surtout au coucher du soleil.

Soleil qui d’ailleurs se couche tôt. Ou pas. On aura pas bien compris ces histoires de changements d’heures entre les Etats. Le Grand Canyon est en Arizona, à l’heure de Phoenix, mais Monument Valley prend l’heure de l’Utah alors on ne sait plus très bien si le soleil se coucher à 19h30 ou 20h30 (en réalité, chacun est censé savoir qu’il se couche toujours à la même heure…mais encore faut il savoir quelle heure il est…). Ca peut paraître idiot, mais lorsqu’on passe d’Etat en Etat, la confusion est facile.

Pourquoi je parle du coucher de soleil ? Parce qu’au même titre qu’on ne peut pas le louper au Grand Canyon, on ne peut encore moins le louper ici !! Quel spectacle que d’observer les géants se parer d’un rouge flamboyant lorsque les derniers rayons du soleil frappe leur monumentale façade ! Et que dire que leurs silhouettes qu’on distingue longtemps à l’heure bleue ! S’il est bien une chose certaine, c’est qu’on ne peut pas visiter Monument Valley sans y dormir. Dire qu’on avait failli choisir un camping en dehors du parc parce qu’on arrivait pas à réserver  celui-ci (finalement, c’est quelques jours avant de partir qu’on arrivera à accéder au site pour faire la réservation). Il y a d’autres solutions d’hébergements pas très loin de l’entrée, mais…ça n’est pas pareil du tout. C’est une réflexion qu’on se fera aussi plusieurs fois au cours du voyage : l’appréciation d’un lieu dépend aussi beaucoup de l’endroit où on dort. Et là, dormir au pied de ces géants prends une toute autre dimension.

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Et le spectacle ne s’arrête pas au coucher du soleil . La magie continue de l’autre côté (celui où le soleil s’est couché justement). Nous mangeons nos sandwichs sur une des tables de pique-nique sur le parking au-dessus du camping (c’est vrai que dit comme ça ça fait tout de suite moins rêver…) et constatons que le site s’est sacrément rempli. S’il n’y a que 30 emplacements pour les tentes, le parking accueille aussi les RV, heureusement qu’on ne voit pas tout ça depuis la tente !! Mais cela ne nous empêche pas d’apprécier le ciel flamboyant qui s’offre à nous. On distingue des rideaux de pluie et on se dit qu’il vaut mieux que ce soit là bas qu’au dessus de notre tente !!

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Dernière activité de la journée : tenter quelques photos de nuit étoilée avec pour toile de fond Monument Valley et notre tente. L’entreprise est bien plus difficile que ce qu’on pensait, mais quel régal d’observer un tel spectacle !

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Mercredi 11 aout, Monument Valley/Page/Kanab

Contraste du jour : marcher dans le parc de Monument Valley sans personne autour de nous puis être sous l’orage à Horseshoe Bend.

Nous voilà à Kanab, une petite ville vraiment charmante que nous avions choisi par pur hasard comme étape dans notre itinéraire : pas vraiment de chambres dispos à Page ou alors très chères, et à vrai dire, Page ne nous emballait pas plus que ça lorsqu’on a préparé le voyage. Et après y être passés, notre instinct nous aura donné raison : trop touristique, on entendait parler français (et italien…impossible de ne pas les entendre) partout autour de nous !!

Mais avant d’arriver dans ce charmant hôtel (je crois qu’après 2 nuits de camping tout nous aurait paru confortable (même si on a adoré camper, retrouver un bon lit et une salle de bain est plus qu’appréciable)) qu’est le Canyon Lodge , il s’est passé beaucoup de choses aujourd’hui….

Le réveil fut une fois de plus matinal, légèrement trop puisque le soleil était encore loin d’être levé sur Monument Valley, la faute à ce décalage horaire que nous n’avons toujours pas bien compris. La nuit fut plutôt agréable, moins fraiche qu’au Grand Canyon.

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La vue qui s’offre à nous étant bien entendu toujours aussi sublime que la veille, avec ces formes gigantesques que l’on devine dans la pénombre.

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Presque tout le monde dans le camping est déjà réveillé pour assister à l’un des plus beaux lever de soleil du monde !

L’ambiance est paisible, chacun étant devant sa tente avec son téléphone, son boitier sur trépied ou tout simplement assis sur une chaise à apprécier le spectacle du soleil qui vient frapper les Monuments par derrière.

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Un petit déjeuner rapide assis dans  le sable rouge d’une douceur étonnante, le démontage de la tente, et nous voilà partis pour une petite promenade à pied dans le parc. Un sentier aménagé appelé Wildcat Trail nous fera parcourir 6km contournant le plus gros des 3 rochers, la “West Mitten Bute”.

Nous ne savions pas vraiment dans quoi nous nous embarquions, on voulait juste se promener un peu dans ce désert de terre ocre. Si la balade se fait plutôt bien, la chaleur (il est pourtant encore tôt) et surtout la remontée vers le camping nous auront fait regretter de n’avoir pris qu’une petite bouteille d’eau. Des vrais touristes…

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Le lieu est aussi magique vue de dedans, et marcher au cœur de ces splendides sculptures naturelles nous donne l’impression de marcher dans les traces des cowboys et des indiens et nous permet de ressentir l’ambiance des films ayant bercés notre jeunesse.

Après 2 bonnes heures de marche (les arrêts photo rallongent considérablement la promenade), c’est épuisés que nous regagnons la voiture pour aller trouver de la fraîcheur dans ce fameux hôtel « The View » et capter un peu de wifi. L’hôtel est vraiment sympa, une décoration mêlant culture indienne et chic. Espérons qu’il ne soit pas complet pour notre prochaine visite (qui sait ?) de ce lieu magique.

Les indiens ont en tout cas eu l’intelligence de ne pas sur-exploiter le site en le gardant presque secret et inaccessible (même si bien entendu dans les faits il n’en est rien). Toujours est-il qu’on a vu des endroits bien moins beaux gâchés par un trop grand nombre d’hôtels ou d’attractions touristiques.

Il est 10 heures passées et il nous reste une petite étape avant de prendre la route pour Page : monter vers Mexican Hat pour faire la photo classique de Monument Valley sur la route.

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2 heures de trajet nous séparent de Page, mais là encore, impossible de s’ennuyer en conduisant. Les paysages traversés sont une fois de plus variés et éblouissants, et les Etats-Unis sont autant un régal pour les yeux qu’une frustration quasi constante pour un photographe qui conduit et aimerait s’arrêter après chaque virage (vous me direz, les virages sont assez rares sur ces routes).

*La météo aura changé entre temps, passant d’un ciel bleu parsemés de nuages à un ciel chargé annonciateur de pluie. On avait lu qu’en cas de pluie, les Canyons d’Antelope peuvent être interdits d’accès. Mais le problème ne se posera pas puisqu’arrivés sur place on apprend qu’il n’est plus possible de les visiter aujourd’hui (ni même les jours suivants). Nous n’avions lu nulle part qu’il fallait réserver sa visite à l’avance (une fois de plus on se demande vraiment à quoi servent les guides de voyage papier puisqu’à aucun moment le Routard ne le mentionne). Nous sommes certes un peu déçus parce qu’il paraît que c’est vraiment magnifique, mais finalement, vu le monde présent sur place, on oublie assez vite la légère déconvenue.

Nous visitons rapidement la ville de Page quelques kilomètres plus loin pour nous diriger vers Horseshoe Bend, un site très connu et surtout très accessible. Nous sommes donc loin d’être les seuls sur place ! Mais une bonne surprise nous attends puisque le tonnerre gronde alors que nous arrivons sur le parking du site. J’avoue que sur le moment on a un peu hésité avant de nous engager sur le chemin vers le canyon. Les coups de tonnerre étaient vraiment juste au-dessus de nous sans aucun endroit où nous abriter. Finalement, nous avançons un peu et les première gouttes commencent à tomber. Et là bas, on est assez loin du crachin parisien !! Heureusement, un abri probablement prévu pour profiter d’un peu d’ombre en milieu de parcours, nous permet de ne pas finir tremper en quelques secondes.

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L’avantage de cette pluie aura été surtout de “nettoyer” complètement le site de ses visiteurs !! Après une bonne dizaines de minutes à apprécier les éclairs (mais aussi nous amuser gentiment des nombreux touristes en débardeurs et tongs courant sous les trombes d’eau), l’orage s’arrête et nous permet d’arriver à Horseshoe Bend sans personne d’autre que nous (pendant quelques minutes seulement bien entendu).

Cet endroit est un classique de la photo de paysage. Nous avions beau en avoir déjà vu de très nombreuses, on n’imagine pas du tout la grandeur du lieu tant qu’on y est pas !! Ca donne vraiment le vertige, il n’y a aucun parapet protégeant les visiteurs des centaines de mètres de vide. C’est assez étonnant mais ça permet surtout de pouvoir apprécier le lieu à sa juste valeur. Encore un gros plus pour les States et sa gestion des lieux touristiques !!

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Encore un incontournable de fait ! Nous faisons un tout petit crochet par un point de vue permettant d’apprécier le Lake Powell et son barrage, mais franchement, en tant qu’amateurs de nature, voir un énorme barrage et des pylônes électriques ne nous enchante pas plus que ça. Tant mieux, nous ne nous attardons pas et pensons déjà à la piscine de l’hôtel à Kanab.

Pour ne pas changer, la route entre Page et Kanab est très belle. Cette fois, nous traversons surtout de larges plaines entourées de collines, sur fond de superbes ciels bien chargés ! Mais la conséquence directe est un léger rafraîchissement de la température (on est passés de presque 40 degrés à à peine 20…oubliée la piscine…). Ca plus le fait qu’on est repassés en Utah et qu’on a à nouveau perdus une heure, et nous voilà donc déjà en début de soirée au Canyon Lodge.

C’est aussi à Kanab que nous goûterons notre premier vrai bon gros burger bien gras, dans un fast food qui porte plutôt bien son nom : Big Al’s Burger. Implanté juste à côté du Mc Do vous ne pouvez pas le louper et il serait dommage de se contenter d’un simple Big Mac quand on peut avoir un Big Al !!! D’autant qu’en plus du bon goût, on a aussi doit à une ambiance typique, ce qui ne gâche rien.

En cette fin septembre je peux le dire, Kanab aura été l’une de nos étapes préférée de par sa simplicité, son charme et son calme.

Jeudi 11 aout, Kanab vers Bryce Canyon

Contraste du jour : faire du vélo dans les rues de Kanab puis manger un burger dans un restaurant à Tropic en écoutant de la country le soir

Encore une journée exceptionnelle, je n’ai pas d’autre mot. Décidément (pourquoi décidément, elle est con cette expression), les Etats-Unis dépassent tout ce que je m’étais imaginé. Si New York est géniale parce que c’est New York, notre road trip est incroyable parce que c’est les Etats-Unis et que ce pays représente un idéal de vie (n’oublions pas que nous ne sommes ici qu’en tant que touristes, qui plus est en allant que dans les lieux touristiques, dans une sorte de cocon, loin de la vie « normale » et des problèmes du monde).

C’était la 1ère journée sans mettre le réveil pour voir le sunrise, et ça fait du bien ! Le réveil reste toutefois matinal mais naturel, et cette fois, un vrai petit déjeuner nous attend dans l’hôtel de l’autre côté de la rue, le Canyon Boutique Hotel, installé dans une grande et belle maison.

Petit aparté sur les français en voyage qui restent décidément (et cette fois ci l’expression est bien choisie), les touristes les moins discrets qu’on puisse rencontrer. J’ai toujours autant de mal à comprendre pourquoi nous on ne nous entend jamais, mais pourquoi nous on entend toujours les autres….

Bref, le petit déjeuner était excellent, et c’est bien là le principal.

Le Canyon Lodge met à disposition des vélos (ceux-ci sont devant l’hôtel, sans cadenas, on a juste à les emprunter, chose impossible en France….). Nous faisons donc une petite balade matinale dans la ville de Kanab à la découverte des rues et des maisons typiquement américaines (c’est con de dire ça puisqu’on y est) : larges, droites avec des belles maisons avec le garage ouvert (là encore le jour ou on verra ça en France est loin d’être arrivé..) avec un gros 4×4 à l’intérieur. Kanab n’est pas une ville touristique à proprement parler, même si sa position centrale entre Page et Zion en fait une étape parfaite, mais elle est quand même au cœur de l’histoire de nombreux westerns, la preuve avec ce pseudo musée adjacent à un magasin de souvenirs, qui regroupe de véritable décors de films. Intéressant et sympathique si l’on est sur place.

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Il fait déjà chaud et la suite du voyage s’avère toute aussi intéressante, donc nous décidons de reprendre la route après un passage essence/courses.

Une fois de plus la route est sublime. Voire même plus que sublime, mais je ne suis pas sûr de trouver le mot adéquat.

On passe allègrement de montagnes rougeoyantes aux plaines verdoyantes en croisant de nombreux chevaux qu’on croirait sauvages tant les espaces sont immenses. Et au bout d’une heure, sans prévenir, on arrive au Red Rock Canyon. Pour ceux qui connaissent Roussillon et ses carrières d’ocre (magnifiques au demeurant), ici c’est la même chose, mais à l’américaine, soit 10000 fois plus beau et grandiose.

Nous n’y restons cependant que le temps de découvrir l’endroit car nous voulons profiter de Bryce Canyon pour lequel nous sommes venus.

Notre hôtel est situé au-delà de Bryce, à une quinzaine de km, dans la ville de Tropic. Comme à Kanab, nous n’avons pas vraiment choisi l’endroit, cela s’est fait par hasard parce que le prix des hébergements était moindre par rapport à Bryce Canyon Village et que les campings étaient complets. Néanmoins, le hasard fait très bien les choses, car l’endroit est très sympathique. Tropic est une toute petite ville située sur un joli plateau verdoyant, et comme souvent dans les villes proches des sites touristiques, on y trouve de nombreux motels et lodge.

Le nôtre est au bout de la ville (en gros à 500 mètres du début de celle ci….), il s’agit du Bryce Pioneer Village , un ensemble de lodge avec piscine, restaurant et RV Park. Une bien bonne surprise entre les photos et les commentaires de Booking et la réalité. On est à l’inverse de ce qu’on avait trouvé au Sri Lanka, les chambres sont souvent mieux que sur les photos, alors qu’au Sri Lanka les photos étaient souvent bien plus avantageuses que la réalité…un autre bon point pour les Etats-Unis.

Quelques sandwichs pris sur une table de pique-nique à l’ombre devant notre chambre et direction Bryce Canyon pour une nouvelle claque visuelle. Une fois de plus l’endroit est superbe. Il y a d’abord Bryce Canyon Village, un vrai/faux village aux allures de Disneyland où tout est beau, droit, propre. Puis on entre dans le Parc National qui a des airs de Grand Canyon avec ses forêts et ses biches en bordure de route. Au même titre que le Grand Canyon, le canyon de Bryce ne se dévoile qu’une fois arrivé au bord, et là, c’est la claque. Un site unique au monde, difficile à décrire, composé de sortes de cheminées géologiques aux formes hallucinantes et aux couleurs variant du blanc, au jaune, orange, et presque rouge par endroits (appelées “Hoodoos“).

En revanche, nous sommes en plein après-midi, et l’endroit est très fréquenté. On se demande toujours d’où viennent tous ces gens car on croise très peu de voitures lors de nos trajets.

Nous sommes au Sunset Point, point de départ de plusieurs chemins/randonnées menant à l’intérieur du canyon. On se dit qu’il faudrait revenir à un autre moment parce qu’on entend parler français et italien partout autour de nous et qu’on risque de moins apprécier qu’au Grand Canyon ou à Monument Valley. Mais finalement nous engageons la descente, impressionnante, au milieu de ces formations géologiques formant ce « canyon » qui n’en est pas vraiment un. Cela rattraperait presque l’absence de visite de Antelope Canyon.

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Une boucle permet de rejoindre le Sunrise Point sur environ 4 km. Et comme souvent, dès que l’on s’éloigne des points de vue facilement accessibles, on se retrouver seuls ou presque. Quand ce ne sont pas quelques autres randonneurs, nous sommes accompagnés des amusants et « so fucking cute » Chipmunk qui ne sont pas qu’un personnage de dessin animé !

Si le début est plus que facile, il faut bien remonter ce qui a été descendu, et au même titre que le Wildcat Trail de Monument Valley, on faisait moins les malins en remontant, et encore, cette fois ci le soleil ne tapait pas !!

Mais un conseil : mieux vaut faire la balade dans le sens Sunset Point vers Sunrise Point que l’inverse. D’autant qu’il vaut probablement mieux appréhender le canyon du côté de Sunset Point par le haut que par le bas, je pense que c’est plus intéressant et impressionnant.

Il est encore relativement tôt lorsque nous terminons cette superbe boucle à ne pas louper lors d’un voyage aux USA et encore moins d’un passage à Bryce Canyon. Un ami nous avait conseillé de tenter de voir le rodéo qui se déroule à Bryce Canyon Village. On se dit que même si l’activité est créée pour les touristes, ça peut être amusant et après tout, c’est ce que nous sommes. Malheureusement, et comme par hasard, il n’y en a pas aujourd’hui…

On rentre donc à l’hôtel pour récupérer quelques affaires pour aller apprécier le coucher de soleil, mais là encore c’est un petit raté car le soleil se couche derrière le canyon et ne vient pas illuminer la roche. C’est joli quand même et nous apprécions bien notre petite bière assis sur un banc face au Canyon, d’autant qu’il n’y a plus grand monde à cette heure là.

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Petite promenade dans le village où là aussi tout est beau et propre. On sait d’où Disneyland tient les idées de décoration de ses parcs !! Finalement on se dit qu’on a vraiment bien choisi de dormir à Tropic (même si dans l’absolu ça n’était pas vraiment fait exprès). La route du retour nous offrira de jolies scènes de nature agrémentées d’une superbe lumière de fin de journée.

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Nous y retournons donc car il y a un restaurant à l’hôtel qui avait l’air bien sympa, avec de la musique live. Et nous avons bien fait !! La soirée fut vraiment mémorable, une des meilleures du séjour ! On entre dans une vaste salle avec de grandes tables dans laquelle c’est ni plus ni moins que le patron de l’hôtel (qui nous avait déjà gratifié d’un excellent check in; la France devrait vraiment prendre des leçons d’accueil aux Etats Unis…) qui assure l’animation à la guitare et au chant, accompagné de son fils. Loin d’une farce touristique, on sent ici toutes les racines de la country/rock, et ça fait vraiment plaisir.

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Si la plupart des gens qui dînent ne semblent pas forcément hyper réceptifs à la musique à laquelle on a droit en mangeant, c’est loin d’être notre cas, et les musiciens le constatent puisque j’ai même droit à un petit mot « Hey, Frank is here » de la part du patron en pleine chanson !!

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Donc, la seule adresse à retenir pour dormir à Bryce : « Bryce Pioneer Village ». Et c’est au son de « Ring Of Fire » (Lien You Tube) de qui vous savez que nous rentrons dans notre chambre. Il faut bien laisser la place aux suivants, le restaurant est littéralement pris d’assaut, et pour cause, en plus de l’animation musicale, les burgers sont parmi les meilleurs que j’ai pu manger là bas.

Vendredi 12 aout, Bryce Canyon/Zion National Park

Contraste du jour : apprécier le lever de soleil très frais sur Bryce Canyon (environ 6 degrés) puis finir la journée à la piscine de l’hôtel (plutôt classe) à Springdale sous 38 degrés.

*Encore et toujours un lever aux aurores pour assister au lever de soleil. Ce ne sera pas le dernier lever matinal mais le dernier pour un lever de soleil (ça fait beaucoup de lever tout ça…). Il fait frais, (comme quasiment tous les matins finalement), dans mes souvenirs il faisait 44 degrés (Fahreinhet bien sûr…soit 6 degrés). Les contrastes de température dans les différents parcs sont impressionnants. Il faut dire qu’on est quand même à 2400m d’altitude, soit quasiment plus haut que la majorité des stations de ski françaises. Je n’ose même pas imaginer faire le même road trip en hiver, même si ça doit être vraiment magique de voir la neige sur ces roches rouges, et les lumières doivent être formidables.

Donc, le lever de soleil. Il existe plusieurs points de vue, mais la logique voudrait qu’on aille à Sunrise Point. Ce qu’on a fait. C’est vrai que l’endroit est superbe et que le soleil se lève pile en face, mais on se rendra compte un peu plus tard dans la journée qu’il vaut mieux aller un peu plus au dessus, à Inspiration Point, qui est plus élevé et embrasse la quasi totalité du Canyon.

Comme au Grand Canyon et à Monument Valley, ne pas voir le soleil se lever sur les Hoodoos serait un manquement au voyage !!

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Une chose est sûre, si nous retournons aux Etats-Unis nous retournons à Bryce Canyon. Nous ne regrettons absolument pas le petit détour et ce parc et ses formations géologiques uniques sont tellement incroyables qu’il est impossible de ne pas le programmer lors d’un road trip.

Sur la route vers Zion, nous nous arrêtons pour une dernière promenade dans le coin du côté de Mossy Cave. Très peu de monde pour cette jolie balade très facile vers une petite chute d’eau et une grotte pas vraiment impressionnante mais qui mérite de faire la randonnée. On voit enfin un peu d’eau de près et ça fait du bien. C’est assez rafraichissant (la température monte aussi vite qu’elle descend là bas !!). Selon nous, le Mossy Cave Trail est vraiment à ne pas rater si vous êtes dans le coin (le départ se trouve sur le route en allant vers Tropic).

Notre prochaine destination est un parc dont nous n’avions jamais entendu parler. Il n’est pas aussi populaire (dans le sens « connu ») que le Grand Canyon ou Monument Valley mais il est néanmoins très fréquenté (trop ?). Nous n’avions que 2 petites heures de route à faire mais une petite surprise nous attendait à l’entrée Est du parc.

En attendant, la route, que nous avions déjà parcouru pour partie depuis Kanab est l’une des plus belles sur laquelle nous avons roulés là bas. Entre les canyons, on a droit à des paysages plus classiques de plaines verdoyantes comme dans Brokeback Mountain. En plus, on croise de nombreux chevaux qu’on croirait sauvages…

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Lorsque nous arrivons à l’embranchement de la route menant vers Zion, un panneau indique la fermeture de la route, sans plus d’indication. On en tient pas vraiment compte dans la mesure où nous allons à Springdale, la ville attenante au parc. Mais il s’avère que cette route est celle qui traverse directement le parc et qu’arrivés à l’entrée de celui ci, on nous informe que la route est effectivement fermée à cause d’un énorme bloc de roche arraché de la falaise quelques jours avant à cause d’un orage (probablement le même qu’on a vu lorsqu’on était à Horseshoe Bend). Résultat : alors qu’on était à quelques km de l’hôtel et sa piscine (il fait très chaud dans ce coin, on a à nouveau dépassé les 35 degrés), on a droit à un “petit” détour de 2 heures….

On est en vacances, tout va bien, mais on a quand même bien les boules. Pour une fois qu’on allait arriver relativement tôt…

Retour donc vers Kanab où nous en profitons pour remanger un super burger chez Big Al. Le resto est très facile à trouver : vous cherchez le Mac Do. Quand vous y êtes, c’est juste derrière. Si Mc Do faisait d’aussi bons burgers j’irais sûrement tous les jours…

C’est donc le ventre bien (trop) rempli que nous reprenons la route. Cette fois on s’en serait bien passé de ces 2 heures de rab !! Même si les paysages restent impressionnants, ils sont un peu plus linéaires que ceux auxquels on a eu droit depuis le début du voyage. Le seul « intérêt » aura été de passer par Hurricane, une ville située à 1/2h de Springdale et qui est conseillée par le Guide du Routard pour y séjourner à moindre prix. Certes, on y trouve plus de motels à des prix abordables qu’à Springdale, mais on est certains qu’on aurait pas autant apprécié Zion si l’on y avait pas directement séjourné. On peut trouver des adresses pour une centaine d’euros par nuit (voire moins hors saison ou en allant au camping), ce qui, aux Etats-Unis est finalement plutôt correct.

Springdale n’est pas vraiment une ville, c’est surtout une concentration de Lodge tous plus luxueux les uns que les autres, mais celle ci est à 2 pas de l’entrée du Zion National Park et est située dans un environnement absolument sublime. Autre étape inratable d’un road trip aux US.

Il est environ 16h quand nous arrivons à l’hôtel et nous ne nous attendions pas à ce qu’il fasse aussi chaud là bas. Impossible de commencer à visiter le parc dans ces conditions. On ne peut pas dire qu’on ait pu beaucoup se reposer depuis le début du séjour donc c’est à la piscine de l’hôtel que nous passerons le reste de l’après-midi.

Finalement, vers 19h nous allons vers l’entrée du parc à pied (à 5 minutes de l’hôtel) pour découvrir un peu Zion. Une courte expédition, puisque la nuit va bientôt tomber. Le parc de Zion se visite par le bas, contrairement aux autres canyons qu’on aborde plutôt par le haut, et comme on peut le lire parfois, si l’on se contente de la vallée on peut sortir déçu de l’excursion. La très courte balade qu’on aura fait ne nous aura pas vraiment permis de nous faire un réel avis. Mais on aura pu repérer un peu le coin et prendre quelques informations pour choisir notre randonnée du lendemain.

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Samedi 13 aout, Zion National Park

Contraste du jour : faire une randonnée assez sportive puis terminer la journée au bord de la piscine de l’hôtel.

Ecrire son récit de voyage depuis la piscine du lodge est plutôt sympa. Je ne dis pas ça pour me la péter. C’est juste qu’il est agréable de pouvoir se poser enfin un peu au cours du voyage.

Ben oui, un voyage ce ne sont pas des vacances. Enfin, personnellement je vois les 2 de façon dissociées : les vacances, tu ne fais rien, ou pas grand-chose. Le voyage, tu découvres, pendant tes vacances. Et aux States, qui plus est en road trip, on découvre beaucoup. Et ça fatigue.

Ce matin encore ce fut un réveil matinal (6h30, 1 heure de gagnée grâce au décalage supplémentaire de l’Utah par rapport à l’Arizona) pour partir le plus tôt possible en randonnée pendant qu’il fait encore assez frais dans le Canyon de Zion.

Comme je l’ai dit, Zion se découvre par le bas, contrairement aux autres Canyon. Nous prenons donc la navette depuis le Visitor Center qui nous emmène vers l’un des 9 arrêts du parc, en l’occurrence le numéro 6, qui permet de partir vers les « Angel’s Landing », un classique de la randonnée du parc. Il s’agit d’un aller-retour de près de 9km avec plus de 400 mètres de dénivelé (d’où l’intérêt de partir avant que le soleil ne passe devant les montagnes et augmente considérablement la température. En effet, il fait très très chaud à Zion, presque 40 degrés au plus fort de la journée).

La montée se fait progressivement, sur un chemin en dur, ce qui fait perdre un peu de charme par rapport à une randonnée dans les Alpes françaises, mais facilite considérablement l’ascension. Une bonne heure suffit à arriver à la première partie de la balade. Celle qui traverse la montagne pour arriver au niveau le plus « intéressant » du site, même si la 1ère partie est tout à fait superbe et très agréable car passée au frais dans le canyon.

Mais ce qui fait la renommée du site c’est l’ascension vers le pic à 1500m d’altitude, mais qui ne s’offre malheureusement qu’aux personnes ne souffrant pas trop du vertige. En effet, le chemin est assez étroit (voire très étroit) et une chaîne installée sur quasiment tout le parcours, permet de ne pas tomber dans le vide.

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Quand on voit de plus bas ce qu’il y a à parcourir, on a vraiment les jambes qui se mettent à trembler, mais une fois lancé, la montée se fait assez facilement (pour peu qu’on ait l’habitude de crapahuter dans les rochers). Ca vaut le coup rien que pour le côté aventure/escalade, mais aussi pour la vue de là haut qui embrase une bonne partie du parc.

Pour info, mieux vaut partir tôt comme je l’ai dit, ne serait ce que pour éviter la forte chaleur, mais également pour éviter le monde qui rend la montée et la descente plus compliquée car on dépend alors du rythme d’autres personnes et les croisements (il s’agit d’un aller-retour) sont parfois difficiles. Je n’ose imaginer un tel site en France, avec les français et leur légendaire manque de civisme….il y aurait sûrement plus de morts qu’ici (6 depuis 2004…quand même…). Mais là il n’en est rien. A cette heure ci, la majorité des randonneurs est américaine et leur état d’esprit est bien différent. On partage même de bons moments avec certains d’entre eux en profitant de quelques pauses pour discuter un peu, et tous sont extrêmement polis et attentionnés. On entend des thanks, des you’re welcome, des no problem guys toutes les 2 minutes. Un pays dont on devrait vraiment prendre exemple sur bien des points, principalement l’état d’esprit.

La descente est évidemment bien plus rapide (à peine ½ heure), et l’on est surpris de croiser des gens qui commencent cette rando alors que le soleil tape vraiment très fort. Très franchement, je n’ai jamais compris qu’on puisse ne pas se lever suffisamment tôt pour profiter de la meilleure lumière, du calme et de la fraîcheur du matin mais….c’est tant mieux pour nous et presque inconscient pour les autres, surtout quand ce sont des familles avec enfants dans la poussette….

Nous reprenons le shuttle pour aller vers le dernier arrêt du parc, le numéro 9, permettant d’aller visiter ce qui fait la renommée du parc : les Narrows. Il s’agit en fait de la fin du canyon, qui devient de plus en plus étroit, dans lequel on peut se promener les pieds dans l’eau.

Mais le site est extrêmement fréquenté et nous avions prévus de ne le faire que le lendemain. Arrivés au bout de la Riverwalk (promenade d’1/2 heure qui permet d’accéder aux Narrows), l’affluence est telle que nous ne nous attardons pas et faisons demi-tour. C’est presque la 1ère fois du voyage (alors que nous sommes en plein mois d’août) que nous ressentons vraiment l’effet du tourisme de masse. Cela rend l’instant moins merveilleux, trop populaire à notre goût. Rendez-vous demain matin donc……

Dans le bus du retour, nous nous disons que nous pourrions revenir un peu plus tard afin d’être « tranquilles » demain matin, mais c’est sans compter une fois de plus sur l’énorme affluence du coin. La veille, nous avions vus un panneau annonçant : « 45 mn d’attente » pour la navette. Il est 13h passé, et la file d’attente est aussi impressionnante que flippante. Comment peut-il y avoir autant de monde au même endroit ? Nous sommes nous-mêmes des touristes, mais comment peut-on décider de ne commencer à visiter un site qu’en début d’après-midi en plein cagnard ?

Certes tout le monde ne peut pas forcément loger sur place (encore que l’offre est vraiment très importante), mais aucun de nous 2 ne se serait vu faire 1 heure de queue (on se serait cru à Disneyland…ça tombe bien, le concept est américain).

Bref, nous rentrons à l’hôtel et avions eu le nez creux en prenant 2 nuits afin d’avoir un peu de temps pour explorer le parc. Et comme je le disais au début du récit de cette journée, pouvoir profiter de la piscine de l’hôtel est suffisamment rare pour être apprécié : ici point de coucher de soleil, juste profiter de la beauté du lieu au bord de la piscine. Surtout avec cette chaleur accablante. Même si j’adore le soleil et la chaleur, je me verrais mal randonner par 38 degrés…

C’est la 1ère fois du voyage que j’arrive à écrire mon récit le jour même. Je ne peux donc vous dire ce qu’il va se passer ensuite, mais lorsqu’on aura terminé notre bière bien fraîche (merci la glacière en polystyrène à 3 dollars…), nul doute que je vous laisserai pour piquer une tête et/ou dormir un peu. Les vacances en voyage………….

*Nous décidons quand même d’aller faire un petit tour en ville en fin d’après-midi et accessoirement trouver à manger. Grand bien nous a fait, la ville en fin de journée est bien sympathique. Ambiance très calme. On se demande même où sont passés tous les visiteurs qu’on a croisé en début d’après midi. Il y a quelques boutiques intéressantes, notamment une belle galerie de photo (on se dit alors qu’avoir sa galerie privée et vivre là doit être bien appréciable…) et nous mangeons dans ce qui semble être l’endroit le plus animé de la ville : Zion Pizza & Noodle qui propose d’excellentes pizzas plutôt imaginatives, le tout dans un cadre bien cool avec vue sur les montagnes au coucher du soleil.

Springdale aura vraiment été un coup de coeur du voyage également. Un endroit sans intérêt historique ou culturel mais ou on se sent bien, tout simplement.

Dimanche 14 aout, Zion/Death Valley

Contraste du jour : probablement l’un des contrastes les plus saisissant du voyage : marcher dans les Narrows le matin pour aller découvrir l’intérieur du Caesar Palace, l’hôtel/casino mythique de Las Vegas dans l’après-midi.

*Ce matin est un grand jour : (une des meilleures expérience qu’on aura vécu là-bas (on devrait compter le nombre de meilleure expérience qu’on aura eu…)) : la randonnée dans les Narrows. Comme je l’ai dit pour le jour précédent, le canyon de Zion se découvre et se visite par le bas, en l’occurence ici il s’agit de marcher dans la rivière qui coule dans le canyon, un grand moment d’aventure et une superbe découverte. Encore un lever aux aurores donc, seul moyen d’être un peu tranquilles vu l’affluence rencontrée la veille.

Bien sûr nous ne serons pas les seuls, mais l’endroit est suffisamment grand pour que les gens se dispersent bien selon leur vitesse de progression. Nous n’avions pas loué de chaussures spéciales (25 dollars le kit chaussures/chaussettes et bâton de marche….) mais avons quand même pris un bâton (7 dollars quand même…) et ne l’avons pas du tout regretté. En effet, marcher dans l’eau et sur les cailloux glissants, qui plus est avec son boîtier photo, est plus sûr avec une 3e jambe.

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Nous pensions avoir froid, et même s’il est vrai qu’à cette heure là le soleil ne tapait pas encore dans le fond du canyon, l’eau est loin d’être aussi fraiche que dans le Verdon par exemple. J’imagine que le fait qu’il fasse régulièrement plus de 40 degrés aide un peu l’eau à se réchauffer.

Autant le dire tout de suite, la promenade a été magique : ça n’est quand même pas tous les jours qu’on peut remonter un torrent entouré de falaises rouges de plusieurs centaines de mètres de haut. Si comme je l’ai déjà dit j’adore le Verdon, celui-ci est souvent moins accessible, sauf à certains endroits, et souvent pour des randonnées aquatiques un peu plus sportives. Ici, il faut bien l’avouer, il s’agit bien d’une promenade. Assez physique suivant le nombre de kilomètres que l’on remonte bien entendu. Nous avons marché environ 4 heures aller/retour (le retour se faisant plus facilement puisqu’en descente et en étant un peu plus aguerris.

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Une chose est sûre, aller à Zion sans faire les Narrows n’a pas réellement d’intérêt. Si la randonnée d’hier était superbe, elle ne revêt pas le caractère aussi exceptionnel que les Narrows,  en dehors du fait de découvrir le canyon d’en haut. On ne peut pas remonter une rivière s’écoulant dans un canyon tous les jours ! Peu à peu celui ci se rétrécit, et il paraît qu’à la fin on passe même assez difficilement. Ce sera pour une autre fois, en étant mieux préparés.

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Une fois de plus, le dicton « l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt » est justifié. Même si là on pourrait le remplacer par « la tranquillité, le bonheur, la fraicheur et les belles lumières appartiennent à ceux qui se lèvent tôt », et lorsque nous rentrons vers 11h, le site est déjà sur-fréquenté.

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La randonnée dans cet espace sauvage n’a plus le même sens lorsqu’elle est partagée avec des centaines d’autres personnes. Et lorsque le soleil tape dans le canyon il fait déjà beaucoup plus chaud. Alors même si on a les pieds (voir plus) tout le temps dans l’eau, ça n’a plus la même saveur. Et les couleurs magiques du matin ont disparues depuis longtemps. Voilà donc vous l’aurez compris, ça n’est pas tous les jours qu’on se rend là bas, donc il ne faut pas hésiter à faire l’effort de se lever tôt.

Il est midi passé lorsque nous quittons Springdale (avec grands regrets) où la température explose une nouvelle fois les compteurs. Mais on a encore rien vus puisque nous prenons la direction de Las Vegas, à environ 2 heures de route. Route qui s’avère d’ailleurs moins agréable et jolie que depuis le début du road trip. Une sorte de traversée du désert assez monotone, même si bien entendu ça n’est pas tous les jours qu’on parcours de tels paysages.

D’autant qu’on a eu droit à une bonne petite frayeur : un pick-up en train de nous dépasser (nous roulions à un peu plus de 100km/h) dont le pneu arrière a éclaté à quelques mètres de nous !! Les températures extrêmes font des dégâts, on ne compte pas les débris de pneus qui jonchent les routes.

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Las Vegas se devine au loin, dans la brume de chaleur. Une sorte de mirage en plein milieu de nulle part. Un endroit culte et incontournable pour certains, horrible pour d’autres. Nous faisons partie des 2 catégories. On ne peut nier qu’il s’agisse d’une destination étonnante et à voir, ne serait ce que par curiosité et parce que la ville est le décor de bien des films cultes.

J’avais en tête une ville très étendue. L’arrivée par le Nord-Est permet d’apprécier la Skyline de loin et de ne pas devoir traverser toute la ville avant d’arriver dans Downtown. Néanmoins, il vaut mieux avoir un GPS si on ne veut pas se perdre !!

Nous voulions juste faire une rapide découverte, notamment du Caesar’s Palace, donc nous nous sommes garés dans le parking de ce dernier. Je voyais ça différemment, genre grosse galère pour se garer en plein centre-ville. En fait, le parking est gratuit. J’imagine qu’ils font tout pour favoriser les dépenses dans leur casino…

La chaleur est écrasante, vraiment désagréable, 111 degrés au compteur (44 degrés), et c’est avec bonheur que nous entrons dans la gueule du monstre climatisé de la machine à sous ! On entre vraiment dans un monde à part, complètement sorti de toute réalité : il y fait nuit constamment, probablement pour faire oublier aux gens qu’ils sont en train de gâcher leur journée à claquer tous leurs sous dans des machines et dans des jeux…mais cela ne nous regarde pas…

Le labyrinthe n’en finit pas, on ne se sent pas forcément très à l’aise au milieu de tous ces gens, mais l’expérience est intéressante. C’est vraiment à voir, et à vrai dire, j’y serais même resté une nuit avec plaisir, juste pour pouvoir nous poser un peu et voir la ville de nuit. Ce sera peut-être aussi à ajouter au programme d’un prochain séjour. On a pas apprécié, mais on a pas forcément détesté non plus. Nos avis sont partagés sur Vegas. Elle représente à la fois tout ce qu’on peut détester dans le monde (énorme concentration de personnes, aucun intérêt historique si ce n’est cinématographique, chaleur insupportable, aucune nature à proximité, futilité absolue dans laquelle le paraître est plus important que tout le reste) mais on ne peut nier une certaine forme de curiosité et presque de fascination pour ce monde étrange. Le séjour aurait presque vocation d’analyse humaine et sociologique !!

Nous serons restés presque 2 heures dans Vegas sans dépenser 1 seul dollar, chose qui ne doit pas arriver très souvent dans cette ville qui n’a pour seule vocation que de vous faire dépenser votre argent !!

2 heures encore nous séparent de Beatty, une petite ville qui pourrait sembler peu accueillante sur le papier mais dont la proximité directe avec l’entrée Est de la Vallée de la Mort et son côté très « Amérique profonde » en font finalement une étape idéale. Sur la route, le coucher de soleil sur les montagnes entourant ce désert nous fait presque regretter notre passage à Vegas sans lequel nous aurions peut être pu aller voir le Sunset dans la Death Valley.

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Nous avions réservé une chambre au Death Valley Inn, un motel qui semblait lui aussi peu charmant mais sera finalement plus agréable que ce qu’on avait imaginé. Les adresses pour dîner sont assez limitées, et le KC’s Oupost semble être un incontournable (disons que c’est le “Dinner” le plus visible de la petite ville). On entrait vraiment dans une autre Amérique, plus typique, moins « Disneyland Style » que ce qu’on avait pu voir pour le moment. Par rapport à Springdale la veille, le contraste est assez détonnant !! On ne peut pas dire que la nourriture soit succulente, ça fait très cuisine maison/routier, mais l’ambiance était sympa.

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Comme un peu partout depuis le début du séjour, les activités nocturnes sont limitées, et vu notre état de fatigue avancé ça tombe plutôt bien. Nous sommes censés nous lever pas trop tard demain pour traverser la Death Valley

Lundi 15 aout, Death Valley/Mammoth Lake

 

 

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Contraste du jour : passer de la Vallée de la mort, en dessous du niveau de la mer, et sa chaleur insoutenable, à la fraîcheur des montagnes de Yosemite à plus de 2000m d’altitude

*Nous avions prévus de nous lever très tôt pour traverser la Vallée de la Mort dans laquelle les températures dépassent rapidement les 40 degrés et assister au lever de soleil. Le point de vue le plus proche de l’hôtel se situant à une bonne heure de route de celui-ci, nous choisissons finalement de zapper ce moment et d’en profiter pour nous reposer un peu en ne mettant pas le réveil.

Le petit-déjeuner n’étant pas compris, nous sommes allés faire un petit ravitaillement à la station essence la plus proche en découvrant donc Beatty de jour. La ville est très calme et doit même être comme morte en journée, chaleur oblige. On ne va pas dire qu’on y serait bien restés plus longtemps, mais c’est le genre d’endroit dans lequel il doit y avoir pas mal de photos intéressantes à faire. Des photos assez typiques d’une Amérique qu’on croirait restée figée bien des années en arrière.

On s’était fait toute une idée de la Death Valley. On nous avait conseillé de prendre des précautions quant à la voiture qui pouvait ne pas bien supporter la chaleur extrême, qu’il fallait emporter plusieurs litres d’eau par personne etc etc. En réalité, si vous traversez la Vallée assez tôt le matin, ça n’est pas pire que de rouler vers Vegas. Il me semble même me souvenir que l’on n’a pas dépassé de beaucoup les 40 degrés. Alors bien sûr, il fait vraiment très chaud, même à 9h du matin, la Vallée de la Mort étant située à -80 mètres du niveau de la mer !! La température frôle régulièrement les 50 degrés et plus !!

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L’entrée dans Death Valley fait quand même son petit effet. Il est vrai que le fait de ne croiser personne ajoute un petit côté dramatique à la situation. On s’est même pris en photo devant le panneau annonçant l’entrée, chose qu’on ne fait pourtant jamais. L’endroit est vraiment étonnant, la route fantastique. Je nous aurais bien vu (comme pendant tout le road trip d’ailleurs), au volant d’une Mustang, les cheveux au vent, cuisant sous le soleil, mais on se plaît à imaginer de bonnes pointes de vitesse…

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Nous n’aurons fait que traverser le parc (le plus grand des Etats-Unis quand même…) d’Est en Ouest. Peu de points de vue sur notre route, à part une étonnante zone de dunes de sable : Mesquine Flat Sand Dunes. Mais même à cette heure relativement matinale la chaleur est quand même difficilement supportable. On ne sera sortis de la voiture qu’à peine une dizaine de minutes. Difficile de réellement apprécier un endroit en restant si peu de temps, mais pour atteindre les dunes, il faut quand même marcher un bon 1/4 d’heure, ce qui en soit n’est pas grand chose comparé à tout ce qu’on a déjà fait depuis le début, mais par cette chaleur c’est loin d’être évident.

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En tout cas, cette traversée du désert vaut le coup d’oeil, ne serait ce que pour l’expérience d’être passé dans la Vallée de la Mort. Certains endroits rappelleraient presque la planète Mars !! Un paysage unique et vraiment incroyable.

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2 bonnes heures plus tard en comptant quand même quelques arrêts photo et nous voilà déjà sortis de la Death Valley. On ne peut pas dire qu’on ait été déçus, même si cet endroit est tellement connu et culte qu’on en sort forcément un peu frustrés, mais il est vrai que cette période n’est pas la plus propice à la visite du parc.

Nous voilà également en Californie. Et nous sommes également content de quitter un peu le désert pour découvrir un paysage plus montagneux en montant vers Lone Pine. Une étape sympathique mais quelque peu décevante. Nous pensions y rester quelques heures, mais finalement, l’intérêt principal de la ville réside dans le fait que son environnement proche (dont le Mont Whitney, sommet le plus haut des Etats Unis, hors Alaska) a servi de décor à de nombreux westerns, dont, pour le plus récent, Django de Tarantino.

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Nous ne nous attardons donc pas plus que ça (là encore, ce sera peut être une étape lors d’un éventuel futur séjour) et continuons notre route plus au nord vers l’hôtel que nous avions réservé à Mammoth Lakes, à l’entrée de Yosemite.

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Nous avions prévus de ne visiter Bodie que le lendemain en allant vers Yosemite, mais dans la mesure où il plus tôt que prévu, et que Mammoth Lakes ne nous enchante pas particulièrement (la faute à un mauvais choix d’hôtel…), nous parcourons encore 1h30 supplémentaires sur une très belle route longeant notamment le Mono Lake. A partir de l’embranchement de la route principale menant à Bodie, on entre dans une autre dimension. Bien que goudronnée, on imagine aisément les pionniers emprunter cette route entourée de collines verdoyantes. C’est vraiment superbe, d’autant que la toute dernière partie du chemin n’est plus goudronnée.

Bodie est devenue une ville fantôme (je n’ose même pas imaginer l’ambiance qui y règne en pleine nuit), mais elle fut la 2e plus grande ville de Californie à l’époque de la ruée vers l’or !! Nous sommes arrivés vers 16h30 sur place, un peu juste pour la visite qui mérite facilement 2 heures (voire 3 heures si on souhaite vraiment prendre son temps). Pour info, le tarif annoncé dans le Routard est passé de 5 dollars à 10….par personne bien entendu. Il faut bien prendre en compte les nombreuses activités payantes lors du road trip, qui gonflent considérablement le budget déjà plus que conséquent.

Mais voilà encore un autre lieu incontournable de l’Ouest américain, ne serait ce que parce qu’il est l’un des rares retraçant une partie de l’histoire du pays. Si la majeure partie de la ville est partie en fumée, cela n’empêche pas de pouvoir se rendre compte de la vie à cette époque car les bâtiments restant sont en parfait état de conservation (et surtout parfaitement bien restaurés), et si en plein été on s’imagine une vie paisible et rêvée, la réalité était toute autre. D’abord parce qu’il s’agissait d’une ville dans laquelle régnait une certaine violence et débauche (on comptait 65 saloons et un nombre indéterminé de bordels…), mais aussi parce que les conditions de vie étaient particulièrement difficiles du fait de l’isolement et des conditions climatiques. (on est à plus de 2000 mètres d’altitude et les hivers étaient sacrément rudes).

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En tout cas nous, nous ne boudons pas notre plaisir !! Le site est forcément assez fréquenté, mais en fin d’après-midi cela reste largement supportable, en dehors d’une famille française (toujours eux….) dont la mère ne pouvait s’empêcher de réciter à voix haute ce qu’elle lisait dans le guide fournit à l’entrée (2 dollars…) afin que toute sa petite famille en profite (et si toute l’assistance entend à quel point elle est une mère parfaite c’est encore mieux…).

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Certaines maisons sont ouvertes et laissées telles qu’elles l’étaient à l’époque et ça vaut le coup d’oeil. On a parfois lu certains commentaires de gens pensant que c’était trop laissé à l’abandon ou dans son jus, qu’il faudrait une mise en situation. Bien au contraire !! On est pas à Disneyland mais dans la vraie vie telle qu’elle l’était à l’époque, et c’est tant mieux. Pour nous qui apprécions depuis toujours les fictions américaines, voir ça veut vraiment dire quelque chose. C’est vraiment une partie de l’histoire des Etats-Unis qu’on a sous les yeux, au même titre qu’on visiterait Rome et ses sites antiques.

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On pensait pouvoir faire des photos en profitant de la belle lumière du couchant, mais c’était sans compter sur les horaires de visite un peu limités. A 17h45 les rangers du coin poussent littéralement les visiteurs vers la sortie. Pas très cool, mais ça peut se comprendre. Au même titre qu’on a pas envie de finir en retard quand on est au boulot, eux aussi ont envie de rentrer chez eux. Mais 18h c’est pile poil l’heure où la lumière commence à devenir intéressante. Dommage. Et on ne peut même pas dire qu’on reviendra une prochaine fois, ça n’y changera rien.

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La journée n’est donc pas tout à fait terminée, et nous décidons d’aller à la découverte de Yosemite, prochaine grosse étape, et même étape majeure de notre séjour. L’entrée Est se situe à quelques kilomètres de la route principale. Il s’agit de la Tioga Pass, et de la même façon que quand on est arrivés à l’entrée du Grand Canyon, savoir qu’on avait mis un pied à Yosemite faisait déjà son petit effet !!

Entre l’embranchement de Lee Vining et cette entrée, nous avions l’impression que la voiture avait un problème, on avait du mal à avancer. En fait, c’était juste lié au fait que le moteur de celle-ci était un peu limite par rapport au dénivelé. Cette route est fermée très tard dans l’année car on passe un col à plus de 3000 mètres. On ne s’en rend pas forcément compte en roulant, mais ça grimpe sec !! On arrive vraiment dans un paysage de montagne impressionnant et absolument superbe, unique au monde d’ailleurs, ce qui fait, entre autre, la renommé de Yosemite. Mais j’y reviendrais.

On ne s’en rendra compte que plus tard, mais cette partie est celle qu’on a préféré du parc. Il s’agit de la région de Tuolumne Meadows, dans laquelle on découvre une végétation subalpine, avec ses vastes prairies parcourues d’un torrent de montagne. C’est vraiment magique et surtout, point le plus important à nos yeux : beaucoup plus calme que la Vallée. Nous y sommes arrivés en toute fin de journée et le but était surtout de prendre nos repères là bas puisque nous trouvions que notre hôtel de Mammoth Lakes était un peu trop éloignée du parc et que nous avions prévus d’y passer 2 nuits.

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Cela ne nous a pas empêchés de nous prendre une belle claque visuelle et de nous donner l’eau à la bouche pour le lendemain. On se sera également rendus compte que nous sommes bien arrivés en « presque haute-montagne » et qu’il fait bien frais. Même si nous n’y sommes pas restés très longtemps, j’ai vraiment apprécié ce moment de découverte, c’était très calme, avec une lumière pure et une belle ambiance de montagne (logique, on y est) comme on aime. Dommage que nous ne puissions rester sur place (même si on avait voulu, tous les campings sont complets à cette époque de l’année) car il nous reste presque une heure de route jusqu’à l’hôtel…néanmoins, nous aurons pu assister à un très beau lever de lune sur la montagne éclairée par les derniers rayons du soleil.

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Comme je l’ai dit plus haut, il n’y a pas grand chose à Mammoth Lakes, et on était contents de trouver le Mac Do encore ouvert…

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Mardi 16 aout, Yosemite

Contraste du jour : pas vraiment de contraste particulier mais des moments magiques, dont notre rencontre avec un ours, la fin de journée dans les Meadows, et la soirée feu de camp.

*Ce soir nous ne savons pas où nous allons dormir. Non pas que ça nous stressait particulièrement, de toute façon, ce sera le cas des 5 nuits à venir. Mais disons que ça nous a forcément un peu influencé dans notre prise de décision lorsque nous sommes arrivés au Tuolumne Meadows Campground en constatant qu’il restait des places disponibles, 4 en l’occurence. Et c’est en pleine confiance que nous sommes allés voir à quoi ressemblait le camping. Il ne nous a pas fallu longtemps pour nous rendre compte que l’endroit était plus qu’agréable. Et heureusement, parce que quand nous sommes revenus au bureau des réservations, il ne restait plus qu’un emplacement !! C’est vraiment soulagés et très heureux que nous prenons donc possession de notre terrain, toujours aussi spacieux, bien équipé et agréable que dans les autres parcs.

Il faut bien se rendre compte que le parc de Yosemite est très très étendu, il faut presque 3 heures pour le travers d’Est en Ouest. Il n’y a donc pas d’emplacement meilleur qu’un autre pour y dormir. La Vallée est à 1 heure de route de là, donc dans tous les cas, si vous souhaitez visiter le parc, il faudra faire de la route, alors autant dormir dans un endroit que vous appréciez. En l’occurence pour nous c’est ici, ce qu’on appellera « nos Meadows ».

Place maintenant à la première randonnée à Yosemite. Il est déjà quasiment midi lorsque nous commençons l’ascension nous menant à Dog Lake. Je parle d’ascension parce que nous ne nous attendions pas à grimper autant. Si la rando n’est pas très longue (4,5km A/R), celle-ci ne fait que monter (et descendre au retour donc). Et nous sommes en montagne. Donc ça grimpe. Qui plus est en début d’après-midi. Et même si nous sommes à l’ombre des arbres durant la majeure partie du chemin, il fait très chaud en journée au mois d’août. Je ne me souviens plus vraiment si j’ai déjà parlé des odeurs lors des randonnées, mais je me rappelle bien qu’ici, l’odeur des pins était réellement intense, un plaisir de plus à la ballade.

Raconter une randonnée n’est pas vraiment parlant, et même si ça n’est pas forcément la ballade la plus impressionnante qu’on ai pu faire de notre séjour, l’arrivée au lac était surprenante. Nous ne nous attendions pas à un si grand lac. Il y a un peu de monde, dont quelques personnes qui se baignent, mais ça n’est vraiment rien (après coup on peut le dire mais on ne le savait pas encore) comparé à la masse de visiteurs se focalisant sur la Vallée. L’endroit est joli, un vrai lac de montagne entouré de…montagnes (……….).

2 choix s’offrent à nous lorsque nous redescendons : aller vers la Vallée pour découvrir un peu plus de ce parc immense, ou rester dans « nos Meadows ». L’envie de voir « vraiment » ce à quoi ressemble le reste de Yosemite était plus forte et nous roulons donc vers l’Est sur l’une des plus belles route du road trip (mais ça, c’est une impression qu’on aura eu pendant tout notre séjour finalement…). D’abord, conduire en montagne est toujours un grand plaisir. Qui plus est sur une route aussi parfaite. On a littéralement l’impression de planer, au sens propre comme au sens figuré. N’allez pas chercher la moindre bosse sur la route, il n’y en a pas !

Nous découvrons donc une autre partie du parc, toujours sur la Tioga Road donc, le long de laquelle on se rend compte qu’il y a bien des choses à voir et de nombreux chemins de randonnée. On pourrait facilement passer toutes nos vacances ici à vrai dire et ces 2 jours seront bien évidemment trop courts.

Et d’un coup (j’avais presque hâte d’en arriver au récit de cette partie…), à quelques mètres de la route, je vois un ours. Voilà, j’ai raconté ce moment magique.

Que pourrais-je bien ajouter ? Comment relater un moment aussi spontané et inattendu qu’incroyable ?

J’ai poussé un cri, impossible à retranscrire. Je m’en souviens parfaitement. Mais je ne saurais dire à quoi il ressemblait. Pas de la peur. On était en voiture. De la surprise, assurément. Du bonheur ? Encore plus. Depuis ce moment là, je n’ai cessé de garder mon boitier équipé du 70-200 ou du 100mm sur mes genoux. Pourquoi ? Parce que lorsque nous avons rencontrés cet ours je ne l’avais pas. Je ne m’en mords pas les doigts, les images sont gravés dans notre tête (et sur la carte du compact Canon nous servant pour les photos souvenirs), mais j’aurais néanmoins aimé pouvoir lui tirer le portrait.

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C’est au son des « On a vu un ours !!! On a vu un ours !!! » que nous poursuivons notre route. Conscients de la chance qu’on vient d’avoir. Nous ne sommes probablement pas les seuls du parc à en avoir croisés, mais je doute que ce soit le cas de tout le monde. Cela reste quand même un animal sauvage, et le croiser dans son milieu naturel, son vrai milieu naturel, pas celui d’un parc animalier ou d’une réserve, est une expérience particulière et l’un des moments les plus intense du voyage. On a tous eu l’occasion de voir des ours dans des zoos. Ce sont d’ailleurs souvent les animaux qui nous marquent le plus du fait de leur comportement particulier lorsqu’ils se trouvent dans une cage. Cette impression de folie, de perte qu’on a en les voyant tourner en rond et répéter sans cesse les mêmes attitudes. Et bien croyez nous, lorsque vous en voyez un au naturel, l’effet ressenti n’est pas du tout le même !!!

Nous avions un peu zappé le fait qu’on puisse voir certains des plus grands séquoias de Californie (et du monde par la même occasion) à Yosemite. Et lorsque nous arrivons à l’intersection permettant de descendre jusqu’à la Vallée et que nous voyons un parking assez fréquenté, bien nous prend de relire un peu le guide du Routard !! Ceux ci se trouvent à Tuolumne Grove, d’où part le chemin descendant jusqu’à ces arbres grandioses. C’est vraiment à voir, ils se dressent tels les gardiens parfois millénaires de la forêt. On ressent un profond respect pour ces arbres, dont certains sont morts depuis des centaines d’années. On ne peut qu’avoir mal au coeur pour ces êtres qui ont vu défiler l’histoire de la Terre sur lesquels certains touristes grimpent pour être pris en photo…sans penser qu’ils montent sur des êtres vivants…

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Le temps passe tellement vite là bas…après presque 2 heures de promenade nous remontons vers le parking (sacré remontée encore une fois…) et retournons vers le camping pour profiter de la belle lumière du soir sur les Meadows. Je l’ai dit tout à l’heure, mais si on a autant apprécié cette zone du parc, c’est aussi et surtout parce qu’il n’y a vraiment pas grand monde. Nous avions prévus de quoi prendre un petit apéro en pleine nature et ce fut vraiment l’un des meilleur moment du voyage, même si une fois de plus, on aurait aimé qu’il soit plus long.

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A peine sortis de la voiture, ce sont pas moins de 3 cerfs qui nous accueillent au loin. C’est vrai que ce ne sont pas forcément des animaux impressionnants et on a déjà pu en voir d’autres depuis le début du voyage, mais les voir comme ça dans leur milieu naturel ajoute vraiment un petit truc difficile à décrire. Nous cherchons un moyen de les approcher un peu plus en traversant la rivière, mais l’entreprise est plus difficile qu’il n’y paraît et on manque de peu de tomber à l’eau avec nos boitiers !!

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C’est donc de loin et avec une lumière absolument fabuleuse qu’on les observe en buvant notre bière, seuls au monde. Rares sont les endroits aussi accessibles dans lesquels on peut ressentir une telle communion avec la nature. Nous ne résistons pas au plaisir de faire des photos de cette superbe nature qui nous entoure, la lumière est vraiment magique. Je n’en rajoute pas, si on pouvait avoir une lumière aussi pure et intense tout le temps, on finirait pas avoir l’oeil collé au viseur !!!

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Mais…toutes les bonnes choses ont une fin, et il nous reste un autre excellent moment à passer et pour ça on a encore besoin d’un peu de lumière du jour. En effet, chaque emplacement de camping dispose d’un barbecue. Si pour l’instant on avait pas eu l’occasion d’en profiter, cette fois ci nous avons prévu ce qu’il faut pour !! Il y a une petite supérette juste à côté du camping qui vend du bois (ah les Etats-Unis…tout y est si parfait…). Bon, attention aux prix bien sûr. L’addition grimpe vite. Mais pour le coup, il n’y a vraiment aucune alternative dans le coin.

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Quel plaisir de se retrouver autour de la chaleur du feu à manger des Chamallows. Nous les faisions cuire au bout de branches ramassées autour de notre tente, c’était vraiment magique, et même si le camping est assez étendu (300 emplacements), le calme règne. Chacun y va de son feu de camp et vu la longueur des journées, l’esprit est plutôt du genre repos et calme que “fête au camping des flots bleu”…

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Ce sont vraiment ces moments simples et naturels qui auront fait de notre voyage une expérience exceptionnelle et unique.

Mercredi 17 aout, Yosemite/Mariposa

Contraste du jour : passer des montagnes de Yosemite à la petite ville surprise de Mariposa.

*La nuit aura été glaciale. Littéralement. Pourtant assez bien équipés, j’ai presque ressenti la même sensation que lors d’un bivouac mémorable en hiver dans le Mercantour. Ce froid mordant qui empêche de dormir si on a le moindre petit morceau de peau hors du duvet. Il devait faire environ 6 degrés (c’est ce que la voiture indiquait au réveil en tout cas), mais en montagne, on ressent particulièrement bien la sensation de fraîcheur.

C’est donc avec un grand bonheur que nous accueillons les premiers rayons de soleil pour nous réchauffer pendant le petit-déjeuner qu’on prendra un peu plus loin, toujours dans nos Meadows, et en bonne compagnie, que nous quittons avec beaucoup de regrets.

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Autant le dire tout de suite, ça n’a pas été notre meilleure journée. A vrai dire, si nous retournons à Yosemite, on n’ira plus dans la Vallée. Ou alors hors saison. Le début de route est magnifique, c’est la même que celle que nous avons déjà emprunté hier, mais plus au calme puisqu’il est encore tôt. La lumière est plus douce et une fois de plus on aimerait s’arrêter souvent pour emprunter les nombreux départs de randonnées qui jalonnent la route.

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Mais la Vallée semble être « the place to be » du parc. Dans l’absolu c’est le cas, mais en pleine saison comme c’était notre cas, c’est plutôt la foire au tourisme de masse. Ce sera vraiment la fois où on l’aura le plus ressenti. Pour notre plus grand déplaisir…

Le côté trop accessible nous empêchera de réellement apprécier l’endroit à sa juste valeur. Bien sûr c’est magnifique, nous ne boudons pas notre plaisir. Nous sommes entourés de ces falaises de granit qui ont fait la réputation de Yosemite. C’est vraiment impressionnant, mais en plus de la sur-fréquentation (je pense qu’on atteint vraiment les limites là), les cascades ne sont pas vraiment fournies, ce qui est plutôt dommage vu qu’on trouve ici certaines des plus hautes chutes du monde…

La fatigue et la chaleur (il fait beaucoup plus chaud dans la Vallée) font que nous choisissons une randonnée assez accessible (et donc trop fréquentée à notre goût…on ne peut pas toujours faire les bons choix) : Vernal Fall. J’ai presque du mal à comprendre pourquoi l’endroit est si fréquenté d’ailleurs, parce que franchement, ça grimpe méchamment !!

Encore une fois c’est joli, on découvre de superbes paysages et points de vue, mais….le fait de partager ça avec de très nombreuses autres personnes, et d’en chier quand même un peu trop pour monter font qu’on apprécie pas autant que les autres marches qu’on a déjà pu faire. La cascade s’avère jolie, avec une possibilité de baignade, et la possibilité également de poursuivre la randonnée, mais pour cela il faut partir bien plus tôt dans la journée, être équipé et avoir passé une bonne nuit reposante.

On peut facilement se passer de visiter la Vallée en pleine saison. On aura pas vraiment pris de claque comme dans les autres lieux qu’on a pu visiter. Je suis sûr qu’on appréciera plus lors d’un prochain séjour hors saison. Et même les campings ne nous donnaient pas envie. On a conscience que ça peut paraître un peu abusé de ne pas avoir réellement apprécier la Vallée de Yosemite, mais je suis presque sûr qu’on n’est pas les seuls à trouver le coin beaucoup trop fréquenté et exploité, et c’est bien dommage vu la magie du lieu.

Nous décidons alors de prendre un peu de hauteur en allant vers Glacier Point, le point de vue classique pour apprécier l’ensemble (en tout cas une grande partie) de la Vallée et ses montagnes les plus emblématiques dont le fameux Half Dome. Là encore la route est magnifique, et on se plaît même à rêver qu’il n’y aura pas beaucoup de monde vu qu’on ne croise quasiment pas de voiture durant la montée. Mais le rêve s’arrête alors qu’on était presque arrivés, puisqu’un panneau indique que le parking de Glacier Point est complet (un peu idiot vu que les gens vont et viennent et qu’on trouve finalement toujours de la place…). On est donc obligés de prendre la navette depuis le parking de la station de ski du coin (assez cocasse de voir les remontées mécaniques). Et au moment de prendre la navette, la route se débloque, on avait un peu les boules quand même.

Bref, il restait encore un petit bout de chemin à parcourir, la navette mettra même plus de 20 minutes, alors qu’il en aurait fallu moitié moins en voiture. Et là encore, il y a de quoi rester toute la journée, puisqu’il y a même un camping dans le coin. C’est toujours aussi sublime et l’on a vraiment eu tort de penser que la Vallée était l’endroit qu’il fallait absolument voir à Yosemite, rien n’est plus faux. D’autant que c’est de là haut qu’on apprécie le plus cette fameuse vallée.

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Il existe une randonnée qu’on ne manquera pas de faire lors d’un prochain séjour (environ 4 heures de grimpette quand même). En fait, elle part du bas, dans la Vallée, pour arriver tout en haut. Cuisses en béton garanties mais fierté de l’avoir fait assurée !!

Comme la veille, nous ne savions pas où dormir, donc nous ne nous attardons pas. La lumière n’est de toute façon pas encore idéale pour les photos, et le fait de devoir reprendre la navette nous empêche de pouvoir prendre notre temps comme on l’aurait voulu.

Sur la route de la descente il reste un dernier point de vue, juste avant le tunnel (impossible de le louper). C’est là que nous diront au revoir au parc que nous aurons vraiment énormément apprécié dans son ensemble, avec, vous l’aurez compris, une grosse déception pour la vallée et sa sur-fréquentation. Mais on s’en doutait. Les réservations dans les campings affichaient complet depuis plusieurs mois. Heureusement qu’il restait le principe du « first comme first serve » sinon nous n’aurions pas pu dormir dans le parc et aurions nous dû nous diriger vers la sortie. Et la moindre ville est à minimum 30 minutes de route d’un des points d’entrée du parc. La sensation n’est pas la même lorsqu’on ne dort pas dans Yosemite.

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Notre prochaine destination est le Pacifique. Nous allons donc vers l’Ouest, plus précisément à Mariposa, ville dans laquelle on avait repérés quelques adresses à des prix restant relativement corrects.

Il y a bien quelques lodges sur la route, mais ceux-ci sont soit complets, soit hors de prix (proximité directe avec le parc oblige).

Il faut quand même compter 1 bonne heure de route depuis la sortie Ouest du parc avant d’arriver à Mariposa. Le 1er motel affiche la modique somme de 170 dollars si mes souvenirs sont bons (en terme de prix hallucinants on en est qu’au début de nos surprises…). Nous décidons donc d’aller voir un peu plus loin et finalement, notre choix se portera sur ce qui sera l’une des meilleures surprise du voyage. On n’attendait rien de particulier de Mariposa. Finalement, ce sera un petit coup de coeur du voyage. Comme quoi l’improvisation a parfois du bon.

Ce fut plus ou moins le cas de Kanab ou Tropic qui n’étaient pas forcément nos 1ers choix de points de chute et Mariposa fait désormais partie des villes incontournables. Si on en attendait un peu plus de Flagstaff ou Williams, on en attendait pas autant de Mariposa !!

Notre hôtel est le plus ancien de la ville, Mariposa Hotel Inn, et on entre dans un pan de l’histoire des Etats-Unis en franchissant ses portes. Ici, tout est pensé et soigné. On vient de pousser les portes du passé et ça fait du bien alors même qu’on pensait dormir dans un motel miteux… (là encore on aura eu beaucoup de chance puisque notre chambre était la dernière disponible, la chambre Marguerite, la préférée de la charmante propriétaire, chance que n’aura pas eu le couple arrivant quelques minutes après nous). On en oublie même les déceptions de la journée. L’adresse est une invitation à se poser et à remonter le temps. La décoration est aussi soignée qu’elle est hors du temps.

Mais…il fait presque nuit et la faim nous tiraille. Je n’ai pas parlé de l’accueil, parfait, de la part des petits vieux aussi touchants que charmants qui tiennent encore leur mythique établissement. A cet âge là, n’importe qui devrait être en retraite, mais on imagine bien qu’ils ont du mal à laisser les clés de leur jolie petite affaire à quelqu’un d’autre. L’accueil se fait dans leur pièce à vivre dans laquelle ils regardent une émission, sorte de chiffres et des lettres à l’américaine. Incongrue et amusant. On ne peut s’empêcher de penser que si l’on revient un jour dans cet endroit, une partie de ce qui en fait son âme aura disparue…

La ville est calme, comme souvent, mais il y règne une douceur de vivre et suffisamment d’animation grâce aux quelques restaurants qui bordent la rue principale. Il s’agit d’une ville étape avant ou après Yosemite, il est donc logique qu’on y rencontre surtout des touristes. Mais on se sent vraiment bien ici, en plein coeur de cette petite ville typiquement américaine aux façades rappelant celles des westerns.

Pour dîner, nous choisirons ce genre d’établissement typique qui font les Etats-Unis. Pas vraiment un Dinner mais presque, dans lequel on est également plongés dans une Amérique qu’on adore. Bloquée entre les 60’ et maintenant. L’accueil est toujours aussi agréable (on suppose que l’effet pourboire y est pour beaucoup, mais on ne le ressent jamais de cette façon). Plusieurs fois au cours du séjour, les serveuses nous diront, alors que nous énonçons nos plats « good to hear », comme si on avait fait le meilleur choix possible !

Pour moi le choix était souvent simple : Burger !! Je ne suis pas un grand adepte de nourriture très fine. D’une manière générale je dirais que je veux sortir d’un resto sans avoir encore faim, donc au plus j’en ai dans l’assiette au plus je suis satisfait, et avec les burgers américains, il n’y a pas vraiment de risque d’être déçu. On est pas dans le pays de la “malbouffe” pour penser diététique après tout !!

Une autre belle soirée dont une partie de la magie venait une fois de plus du fait qu’elle était assez inattendue et surtout très simple. Je l’ai ressenti plusieurs fois au cours du voyage, mais pour la 1ère fois de ma vie, j’avais ce sentiment d’être chez moi, si loin de chez moi. Cette sensation de me sentir à ma place aux Etats-Unis. Bien plus qu’en France en tout cas.

Il est vrai que finalement, durant une bonne partie du voyage, nous aurons navigué dans une sorte de cocon, pas vraiment fermé, mais en tout cas, en ayant l’impression d’être à l’abri de tous les problèmes du monde. Une sensation qu’on aimerait pouvoir vivre à vie. Et qu’on devrait connaître partout dans le monde d’ailleurs…surtout chez nous en France, ce qui est loin d’être le cas.

Jeudi 18 aout, Mariposa/Monterey

Contraste du jour : prendre le petit déjeuner avec les oiseaux mouche et finir la journée en se réchauffant avec une soupe de crabe au bord de l’Océan Pacifique.

*La gentille propriétaire nous avait prévenue la veille : « vous pourrez prendre le petit-déjeuner sur la terrasse en compagnie des oiseaux mouche ». Je me souviens encore de l’expression de Nathalie la veille au soir qui m’a pris par la main sans rien dire en me traînant vers ladite terrasse…il y avait bien un oiseau mouche, minuscule. Une bien jolie surprise dont on aura profité longuement pendant le petit-déjeuner. C’est plusieurs dizaines d’entre eux qui nous offriront un spectacle agréable et là encore assez magique.

Bien sûr, nous ne manquons pas l’occasion de vouloir immortaliser la venue de ces adorables oiseaux. Mais avez vous déjà essayé de photographier des sujets d’à peine quelques centimètres se déplaçant à la vitesse de la lumière ? C’est un défi que nous aurons essayé de relever tant bien que mal car le contre-jour et les déplacements supersoniques de ces espèces de petites fées (leurs petits cris sont également très amusant) rendent l’entreprise compliquée.

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En plus de tout ça, la ville offre également la possibilité d’acheter quelques souvenirs bien plus originaux que tous ceux des boutiques vendant les mêmes produits estampillés USA mais fabriqués en Chine. Ne manquez pas cette occasion, elle ne se représentera pas souvent au cours du voyage pendant lequel vous verrez assez régulièrement les mêmes boutiques de souvenirs. Et une fois de plus l’accueil est formidable. Avec les américains on a toujours l’impression d’être des clients privilégiés, ils ont toujours un petit mot pour nous sans pour autant avoir l’impression qu’ils font ça uniquement pour le commerce. Et si c’est le cas, ils le font avec tellement de gentillesse et d’attention que ça n’est pas du tout gênant. Encore une fois, et sans vouloir toujours cracher sur la France, on a encore une fois des leçons à retenir des américains.

C’est donc délestés de quelques dollars de plus (ou plutôt de moins…) que nous quittons la ville, non sans regrets. Vous l’aurez compris, Mariposa est à ajouter sur la carte d’un road trip. Que ce soit avant d’arriver à Yosemite, ou juste après comme pour nous, l’étape ne peut vous décevoir car la ville a su garder un côté traditionnel et historique qu’on a pas toujours retrouvé ailleurs.

Même si nous étions déjà en Californie depuis la traversée de la Vallée de la Mort, quitter Mariposa nous en fait vraiment prendre conscience parce qu’on change radicalement de paysage. Finis les canyons, les montagnes et les déserts. Il est temps de laisser la place aux prairies asséchées qui pourraient flamber à la moindre étincelle (nous sommes justement en pleine période d’incendie ravageant la côte Sud de la Californie). On arrive dans des paysages moins charmants, avec ce sentiment d’avoir vécu le meilleur de notre road trip. Ce qui ne sera bien entendu pas le cas, mais on a quand même l’impression d’entrer dans une autre partie du voyage.

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Nous passons par Merced, une grande ville dans laquelle ce sentiment est renforcé. Si par malheur vous ne trouvez de chambre nulle part, ici vous trouverez, mais l’ambiance n’est plus du tout au tourisme. On retrouve peu à peu la civilisation telle qu’on l’avait quitté il y a presque 2 semaines.

Après environ 2 heures d’une route un peu monotone, l’Océan Pacifique s’offre à nous. Bien sûr, on imaginait notre arrivée un peu différemment. Au moins sous le soleil. Finalement, on passera de la chaleur typiquement californienne à un temps qui semble être assez habituel dans cette région : ciel blanc et températures frôlant à peine les 20 degrés. Le contraste, puisque le voyage était placé sous le signe du contraste, est une fois de plus au rendez vous !!

Nous nous arrêtons d’abord au Visitor Center, l’équivalent de nos offices de tourisme, afin de chercher des adresses pour loger cette nuit. La dame très charmante (encore et toujours) nous explique que nous arrivons à Monterey pendant une semaine particulière puisque il y a une manifestation de belles voitures qui a fait doubler, voire parfois tripler le prix des hôtels et que tout est quasiment complet partout ! Pas de bol…

Elle nous propose un motel dont les prix restent corrects (si on veut…au final on aura payé 130 dollars + les taxes, donc quasiment 140 euros pour dormir dans un motel franchement pas glamour) et appelle même pour nous pour savoir s’il reste de la place.

Le motel est situé à 5 minutes de voiture de Monterey, dans la proche banlieue commerciale. Pas vraiment une adresse de rêve, mais faute de mieux on fera avec, de toute façon ça n’est que pour y passer la nuit.

Nous commençons la visite par le Fisherman’s Wharf, le port de la ville, qui, comme à San Francisco, est devenu un endroit purement dévoué au tourisme avec ses restaurants de poisson et ses magasins de souvenir. On y trouve aussi les compagnies de bateau de Whale Watching où nous allons réserver notre excursion pour le lendemain matin. Nous ne l’avions pas fait au Sri Lanka, où nous n’avions pas eu que de bons retours, loin de là. En revanche ici à Monterey, nous sommes assurés de voir des baleines en cette période, et en plus le tarif reste relativement correct (environ 70 euros pour 2 personnes pour une sortie de minimum 2h30).

Nous savions aussi que nous allions pouvoir observer nos premières loutres dans le port, ce sont des animaux qu’on a rarement l’occasion d’observer dans leur milieu naturel (bon, d’accord, le port n’est pas vraiment leur milieu naturel, mais personne ne les as amenées là en tout cas). Les loutres sont vraiment des animaux étonnants, et surtout très mignons. Elles passent la majeure partie de leur temps allongées sur le dos, dans l’eau, à manger des crabes sur leur ventre.

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Même s’il n’a désormais plus qu’une vocation touristique, le Fisherman’s Wharf est un endroit sympa, mais ça nous fait quand même une impression bizarre de retrouver la civilisation, d’autant qu’il y a un certain nombre de Homeless (non pas que cela nous dérange particulièrement, mais on y était plus vraiment habitués) et nous avons besoin de retrouver un peu de nature.

Nous allons donc vers la sortie de la ville, plus précisément à Pacific Grove, que nous pensions être un quartier de Monterey mais qui s’avère finalement être une ville à part entière de laquelle nous tombons littéralement amoureux. En effet, celle-ci est située en bordure de mer, et n’est constituée que de superbes maisons toutes plus charmantes les unes que les autres. On sent qu’il y a beaucoup d’argent ici…et pour un peu, avec ce temps et ce paysage rocailleux, on se croirait un en Bretagne !!

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On aurait adoré pouvoir dormir par ici, l’endroit respire la sérénité et le bonheur de vivre et on devine quelques charmantes adresses chez l’habitant. Nous suivons la Scenic Road qui va nous amener directement à la célèbre 17 Mile Drive qui, comme son nom l’indique est une route de 17 miles (27 km) assez extraordinaire. D’abord parce qu’elle longe l’Océan et offre de sublimes points de vue sur celui-ci, mais aussi parce que nous entrons dans un monde qui n’est pas le nôtre : celui des millionnaires (et probablement souvent milliardaires). Il faut débourser 10 dollars pour entrer dans ce domaine très privé. Cela peut sembler un peu étrange de payer pour aller voir des maisons de millionnaires, et cela ne nous ressemble pas tellement d’ailleurs, mais…là c’est différent. Notre but n’était pas de voir les maisons des riches, mais de parcourir cette route sublime, mais il faut bien avouer que ce monde parallèle nous a fasciné. Comment peut-on être aussi riche ? Comment peut-on être aussi décalé de la vie « normale » ?

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Il faut avouer également que cela laisse un peu rêveur. Pas pour faire partie de ce monde qui ne nous ressemble pas, mais on comprend aisément pourquoi ce lieu a été choisi pour rassembler ce quartier luxueux. C’est tout simplement fabuleux. Imaginez votre maison bordant l’Océan Pacifique avec derrière vous une forêt de pins. On y trouve également un golf, bien entendu. Pas forcément amateur de ce sport un peu trop élitiste à mon goût, celui-ci me rappelle néanmoins l’un des parcours qu’on pouvait trouver dans le jeu vidéo « Tiger Woods ».

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Cette route est le juste prolongement entre celle qui longe Pacific Grove, puis la Scenic Road à Carmel et enfin Point Lobos plus au Sud. Et même s’il faut encore sortir un peu le porte monnaie pour l’emprunter, cela vaut vraiment le coup. L’ambiance que nous avions était assez particulière puisqu’il n’y avait vraiment aucune lumière, alors que nous avions prévus d’y voir le soleil se coucher. Néanmoins, même avec un ciel blanc et un vent plutôt frais (voire très frais), cela correspondait vraiment bien à l’ambiance du moment et rajoutait un petit côté dramatique à l’ensemble. Après les grosses chaleurs qu’on aura eu tout au long du séjour, on était encore et toujours dans l’esprit contrasté qui nous a suivi depuis le début. Bien sûr, on aurait pas été contre un Sunset flamboyant sur l’Océan, mais ce sera pour une prochaine fois !!

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Il fait déjà presque nuit quand nous retournons vers Monterey pour dîner. C’est dans le quartier de Cannery Row que nous allons voir en premier. Ancien quartier des pêcheurs et des sardiniers, il est aujourd’hui lui aussi voué à la cause touristique, avec notamment, et principalement le fameux aquarium de Monterey. On aurait aimé pouvoir le visiter, mais on a préféré choisir l’option nature avec le Whale Watching. En tout cas, il régnait une ambiance plutôt sympa ce soir là, grâce notamment à quelques personnes postées à un carrefour devant lequel passaient de nombreuses voitures de sport en les motivant à coups de « drift !!! drift !!! », et la plupart d’entre eux ne se faisaient pas prier pour faire crisser leurs pneus !!

En revanche, question resto, on a pas vraiment trouvé notre bonheur dans la mesure où on commençait à approcher de la fin du voyage et qu’on voulait manger à moindre frais. Donc on est retournés vers le Fisherman’s Wharf pour y goûter une soupe de crabes, la célèbre Clam Chowder, que l’on trouve également partout à San Francisco. En fait, on ne peut pas passer à côté de ça, d’une part parce que c’est très bon, et d’autre part parce que chaque restaurant propose de la goûter devant son enseigne. Au final, on aurait jamais pensé avoir besoin de se réchauffer avec une bonne soupe durant notre voyage en plein été, mais ça aura été le cas plusieurs fois !!

Il est déjà assez tard, il est temps de rejoindre notre « charmant » motel…

Un petit mot là dessus. On aura remarqué que les motels gérés par des indiens sont vraiment ceux qui sont les moins bien tenus. En fait, ils gèrent un peu leurs motels comme leurs hôtels en Inde. Sauf que les prix sont 10 fois plus élevés !! Si en Inde on accepte aisément de manquer de confort et de propreté, il n’en est pas tout à fait de même ici aux Etats-Unis, et encore moins au prix d’un hôtel 4 étoiles en France….

Vendredi 19 aout, Monterey/Big Sur

Contraste du jour : voir des baleines à bosse à quelques mètres du bateau le matin et passer la nuit dans une chambre sortie tout droit d’un monde magique…

*Ce vendredi était une autre journée formidable. D’abord parce qu’on a vu des baleines pour la première fois (pour ma part en tout cas), et que ça, pour tout amoureux de la nature c’est un moment incroyable. Ensuite parce que la journée s’est terminée de façon assez magique, mais ça, c’est pour après…

Nous avions choisi la plus petite des compagnies pour notre « Whale Watching Expérience », et accessoirement la moins chère (70 dollars pour 2). Leur bateau est de taille humaine, ce qui est plutôt appréciable puisqu’on reste à peu près au niveau de la mer et non sur un pont en hauteur.

Départ à 10h (alors qu’ils demandent de venir à 9h15…) pour une excursion de 2h30 à 3h. Nous nous installons à l’arrière du bateau de façon à ne pas avoir trop de vent, car comme la veille, le soleil n’est pas au rendez-vous et il fait encore assez frais. On pourrait penser que ce n’est pas la meilleure place pour observer les baleines, mais il n’en est rien.

Après avoir croisé les lions de mer qui ont pris leurs quartiers au bout du port de Monterey (et pas que d’ailleurs, ils sont partout), il nous faut naviguer une petite demi-heure avant d’apercevoir le premier cétacé.

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Il était un peu loin et on ne sait pas vraiment ce qu’on a vu. Mais quelques minutes après, les premières baleines à bosse apparaissent. Et là, je dois bien avouer que ça fait son petit effet. Alors bien sûr, on est pas tout près, et même avec le 70-200 elles restent un peu loin, mais rien que le fait de savoir que des baleines nous entourent et de pouvoir entendre leur souffle nous ravit.

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Finalement, nous verrons une dizaine de baleines, ou plus. Ou alors moins. Difficile de savoir si ce sont toujours les mêmes qu’on aura plus ou moins suivies, ou alors des différentes qu’on aura eu la chance de croiser. La « chasse » est en tout cas assez palpitante. Les baleines ne sont visibles que quelques secondes à chaque apparition, et on ne sait jamais vraiment si on va les revoir, et encore moins dans quelle direction. J’ai utilisé le mot chasse exprès bien entendu, puisqu’on ne peut pas ne pas penser à la « glorieuse » époque de chasse à la baleine dont la région fut l’un des fiefs il y a de nombreuses années. La notre est bien plus pacifique, et nous apprécions d’ailleurs le fait que le bateau ne semble pas vouloir se rapprocher à tout prix de ces incroyables animaux sortis d’un autre âge, ce qui ne semble pas forcément être le cas des bateaux des autres compagnies. Mais peut être me trompe-je.

Alors qu’on pensait ne plus revoir les baleines les plus proches, nous nous rasseyons en attendant que le bateau redémarre. Et là, moment d’une intense émotion : 2 de ces gigantiesques mammifères surgissent à quelques mètres du bateau !! (“we gonna need a bigger boat” me vient à l’esprit…). Je dois bien l’avouer, j’ai versé ma petite larme. L’instant était trop précieux et intense pour me retenir. Si chaque sortie est différente, la nôtre a tenue toutes ses promesses. Alors bien sûr, on aurait aimé voir des orques, des groupes de dauphins, mais ce seul moment aura suffit à rendre cette excursion inoubliable et c’est bien là le plus important.

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Finalement, le temps passe très vite, on a vraiment pas le temps de s’ennuyer alors même qu’il faut une petite demi-heure pour rentrer vers le port. Le soleil est enfin de la partie et nous prenons donc le temps de manger un Fish’n Chips sur le Fisherman’s Wharf. Comme la veille, l’endroit reste agréable et nous y serions bien restés encore un peu si nous n’avions pas encore tant de choses à voir dans les environs.

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Nous retournons vers Cannery Row pour voir l’aquarium de Monterey. Il fait vraiment très beau maintenant, l’ambiance est bien différente de celle de la veille et l’on comprend pourquoi cet endroit est si prisé ! Nous n’avions pas prévu de visiter l’aquarium, et heureusement, parce que l’entrée de celui ci est passée de 40 à 50 dollars !!! Franchement, on trouve ça vraiment très très excessif pour un aquarium, aussi joli soit-il. Et rien ne vaut de voir les animaux en conditions naturelles, ce que l’on peut d’ailleurs faire juste derrière l’aquarium puisqu’une colonie de lions de mer s’est installée !! Et vu l’expérience de ce matin nous n’avons pas vraiment de regrets.

Edit : Vous avez vu “Le Monde de Dory” ? Et bien vous y êtes. Impossible de ne pas faire le parallèle entre le dessin animé et la réalité !!

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Bon plan  : dans le pass vendu à San Francisco, on peut choisir entre l’aquarium de SF ou celui de Monterey, et vu que la plupart des voyageurs passent par SF avant d’aller à Monterey, cela vaut vraiment le coup.

Nous allons ensuite refaire le plein d’essence et de courses, car notre prochaine étape, Big Sur, n’est pas des plus économiques et les possibilités de ravitaillement sont limitées.

Mais avant d’y aller, nous faisons un passage dans ce qui sera une de nos étapes préférée (une de plus……..) : Carmel. Clint Eastwood en a été le maire dans les 80′, ce qui a largement contribué à la notoriété de la ville. Et pour la première fois de ma vie j’ai envié la vie d’autres personnes. Je ne parle pas d’argent, ni de quelqu’un en particulier, mais de conditions de vie. Je crois qu’à Carmel on frôle ce qu’on peut appeler la vie idéale, tout simplement.

Mais bien entendu, cette vie idéale se paye. Cette ville est un repère de millionnaires. Mais sans forcément tout ce qui va avec. On n’est pas dans le bling bling de St trop’. Ici, la vie semble basée sur le bonheur de vivre et la simplicité. Tout cela n’est bien entendu qu’un point de vue extérieur de quelqu’un qui n’est resté là que quelques heures. Mais la vie dans un tel cadre, au bord de l’Océan, bordé par une superbe plage de sable blanc et de collines boisées environnantes, tout ça avec une vraie ville à proximité immédiate, et à 2h de LA et SF, s’apparente pour nous à la vie parfaite !!!

Nous ne sommes pas dans notre élément habituel, mais on se sent vraiment bien à Carmel et ce même si le défilé de voitures de luxe continue de nous étonner. Comment devient on aussi riche ? Et surtout comment peut il y avoir autant de gens aussi riches ?

Les magasins sont également intéressants et sympa. On est assez loin des boutiques touristiques habituelles, ici tout est soigné et de qualité. Nous y aurions bien passé la nuit, mais une fois de plus, en raison de l’évènement qui se déroule dans la région, les prix, déjà assez élevés, ont carrément flambés, et presque tout est complet !! On tentera quand même le coup en allant voir une adresse disponible sur Booking. Mais même après négociation, la chambre, franchement pas transcendante, est encore vendue pour la modique somme de 250 dollars !! On l’a déjà dit, mais la Côte Ouest est vraiment très très chère. Et on a encore rien vu !!!

C’est donc avec un peu de regrets que nous nous dirigeons vers Big Sur. La route fait partie des incontournables californien, et même si nous la découvrons avec un ciel désespérément blanc et vide, l’endroit reste superbe. D’un côté l’Océan Pacifique, de l’autre des montagnes boisées. Magique.

Nous ne savons toujours pas où nous allons dormir, et la nuit commence à tomber. Nous nous arrêtons au 1er camping sur la route, qui propose des tentes améliorées avec lit de camp, sans chauffage, pour 190 dollars !! On frise presque le ridicule à ce niveau là. Même si l’emplacement du camping donne vraiment envie de s’y arrêter, nous ne sommes pas prêts à débourser une telle somme pour si peu. Il en est de même pour un simple emplacement de tente : presque 70 dollars !!

Même chose au camping juste après, tout aussi joli, mais complet, et dont la sympathique propriétaire se démènera de longues minutes pour tenter de joindre des clients pas encore arrivés pour savoir si elle peut nous vendre un emplacement. Nous finissons par lui dire de ne pas s’embêter plus longtemps, d’autant qu’on aurait probablement dormis dans la voiture vu la fraîcheur ambiante. Big Sur est une région superbe, mais il y fait très frais le soir, ce qui ajoute une ambiance assez magique (un mot que j’utilise assez souvent mais je n’en vois pas d’autre) mais n’invite pas forcément à monter la tente en sachant que la nuit sera glaciale !!

Et finalement, alors que nous pensions devoir rouler jusqu’à la vraie prochaine ville (San Simeon, située à une grosse heure de route), nous dénichons THE adresse : Deetjen’s Big Sur Inn. Planté en bordure de route, l’endroit est tout simplement magique. En y arrivant, on franchit une porte spatio-temporelle pour entrer directement dans un monde parallèle dont la décoration est située entre Harry Potter, le Seigneur des Anneaux et un conte de fée. Rien que ça !!

Nous arrivons par le restaurant dans lequel règne une ambiance très spéciale à la décoration ultra cosy, le tout renforcé par une musique hors du temps (Vivaldi and co). Le tout pourrait faire un peu too much, mais il n’en est rien. En dehors des prix assez élevés (la qualité et l’exceptionnel se payent…), l’ambiance reste conviviale, et l’accueil des plus sympathique.

Nous ne sommes pas au bout de nos surprises puisqu’il nous reste la chambre à découvrir. Il restait la « Franklin’s Room » dans laquelle on disposera d’un poêle à bois amélioré qui colle parfaitement à la décoration générale de la chambre. Il faut savoir que ce lieu est historique puisqu’il accueille des voyageurs depuis les années 30 après qu’un couple de suédois ait décidé de s’y installer suite à la construction de la Highway 1 et d’y ouvrir un hôtel qui a depuis été classé au Registre National des Monuments Historiques !!

Cela prouve encore une fois que le hasard et l’improvisation ont du bon. Nous sommes sur notre petit nuage, dans notre charmante chambre qui s’apparente plus à une cabane en bois dont la porte ne possède même pas de serrure !!

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Et si le véritable luxe d’aujourd’hui était justement de ne pas avoir accès au monde moderne ? Il n’y avait ni internet, ni TV, ni téléphone, rien qui puisse nous faire retourner vers la porte extérieure de ce monde parallèle. Nous décidons d’ailleurs de rester dans notre petit monde magique en mangeant nos sandwichs maison, assis par terre sur la confortable moquette avec le poêle à bois pour nous réchauffer.

C’était maintenant il y a tout juste 3 semaines (nous sommes le samedi 10 septembre), et cela reste l’un des moments fort de notre voyage en amoureux. Ce genre de moment qu’il nous sera impossible de reproduire. Parce qu’on aura plus l’effet de surprise. Nous ne savions pas où nous allions dormir et n’avions aucune idée de l’existence de cette adresse qu’on ne peut que recommander. Il y a de fortes chances que nous n’y serions jamais allés en voyant les photos sur internet (et les prix qui n’étaient pas exactement ceux qu’on cherchait lors de la préparation de notre voyage), mais cette adresse unique en son genre, qu’on louperait facilement alors même qu’elle est située au bord de la route,  aura été l’une des plus belles expérience de notre road trip de par son incroyable contraste avec l’adresse de la veille par exemple. Cela rejoint ce dont j’ai parlé au début (ou à la fin je ne me souviens plus vraiment) concernant le fait que chaque voyage est unique et non reproductible. Il se peut que d’autres personnes n’apprécient pas autant que nous, et il se peut également que nous n’aurions pas autant apprécié si nous étions arrivés là bas en pleine journée par exemple. Toujours est il qu’on se sentait vraiment bien dans notre cabane au fond des bois.

Je pourrais écrire encore beaucoup sur cet endroit dont je me souviens encore de chaque détail. J’ajouterai juste que notre petite promenade nocturne vers la petite bibliothèque, elle aussi historique, de l’hôtel, en savourant la fraîcheur et le calme absolu (la route à proximité ne gêne pas du tout la quiétude de l’endroit, Big Sur de nuit n’étant pas vraiment un lieu de passage bondé) et surtout l’ambiance surnaturelle qui se dégage du lieu.

Le manque de confort qui pourrait gêner certains clients est ici un gros plus, et finalement, nul besoin d’une chambre de 100m2 avec les derniers gadgets modernes pour se sentir à l’aise, bien au contraire. Chaque détail est pensé, notre chambre a une âme et on se plaît à penser à y rester plusieurs jours afin de se ressourcer. Mais le temps passe vite, comme toujours, et nous nous endormons avec le crépitement du feu qui s’éteint.

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Samedi 20 aout, Big Sur/Redwood City

Contraste du jour : avoir remonter le temps au Big Sur Inn au coeur de la nature et retrouver la civilisation le même soir

*Qu’il est bon de pouvoir prendre son temps !! Et c’est ce que nous faisons ce matin, toujours bien à l’abri dans notre petit monde parallèle, loin de tous les soucis de la vie (ça existe vraiment les soucis ??). Nous n’aurons pas dîner au restaurant de l’hôtel mais nous y prendrons le petit-déjeuner. Et quel petit-déjeuner !! Après ça, plus besoin de manger de la journée !! Plongée dans la même ambiance musicale que la veille au soir (Les 4 Saisons de Vivaldi et autres classiques du genre) nous dégustons, entre autres joyeusetés, les meilleurs et plus gros pan-cake de notre vie.

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C’est avec grand regret que nous quittons cet endroit pour retraverser la porte magique nous menant dans le monde réel. Nous avons vraiment le sentiment d’avoir vécu un moment unique qui restera longtemps dans nos mémoires. On sent que le voyage touche à sa fin, et on ne voit pas bien comment il aurait pu mieux se terminer !!

Il nous reste encore le parc de Big Sur à découvrir un peu plus. Il ne s’agit pas d’un parc naturel à proprement dit, mais d’une région complètement à part de la Côte californienne. Il semble y avoir pas mal de choses à voir, mais mis à part ceux qui sont directement sur la route, tous les accès sont fermés à cause des incendies ravageant la Californie. L’ambiance n’a pas vraiment changée par rapport à notre arrivée sur la Côte il y a 2 jours. C’est donc sous un ciel blanc et avec de la brume et du brouillard sur les montagnes (quelle superbe ambiance on avait !!) qu’on découvre cette région bordant la fameuse « Highway 1 » qui comme son nom ne l’indique pas, n’est pas du tout une autoroute, mais bien une superbe route longeant les falaises de cette partie de la Côte. Un régal pour les yeux que nous espérons bien voir aussi un jour sous le soleil pour pouvoir en apprécier toutes les nuances de couleur.

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Franchement, j’ai adoré l’ambiance météo qu’on avait et qui était tellement différente des photos qu’on avait pu voir de ce coin là avant de partir. Je pense que, comme tous les endroits qu’on a traversé depuis le début du road trip, cette région mérite d’y passer bien plus de temps. Probablement même des vacances complètes. Il y a tant à voir, à découvrir, à faire. On rêve d’une semaine complète au Big Sur Inn qu’on vient de quitter et qu’on retrouverait avec plaisir le soir après une bonne journée de randonnée dans les forêts environnantes. Il est vrai que quand on va dans un pays pour la 1ère fois, et encore plus aux Etats-Unis qui sont si vastes, on a envie d’en voir le plus possible. Mais cela donne surtout très envie d’y retourner et de se concentrer sur une seule région de façon à pouvoir la découvrir plus en profondeur.

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Avec tous ces sites fermés, nous avions peur de ne pouvoir visiter Point Lobos, qui est un parc naturel protégé, lui aussi payant bien entendu. Mais à notre grand soulagement celui-ci n’était pas concerné par les fermetures. Nous étions touchés par tous les petits mots jalonnant le bord de la route de la part des habitants pour remercier les pompiers. C’est quelque chose qu’on ne voit jamais en France alors que le travail des pompiers est tout aussi respectable.

Deux pays, deux mentalités bien opposées…

Point Lobos donc. Encore un endroit fabuleux situé dans les Carmel Highlands (quand on vous dit que cette ville dispose de tous les atouts pour une vie parfaite). L’entrée est fixée à 10 dollars, mais là encore ça vaut vraiment le coup. Le site est surtout célèbre pour sa variété de pins uniques au monde qui rendent le paysage très singulier. Impossible de ne pas évoquer les Ents du Seigneur des Anneaux ou la Forêt Noire du Hobbit.

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En plus de la beauté du lieu, celui-ci n’était pas trop fréquenté. On a pu y croiser des oiseaux marins, pas mal de lions de mer sur le bien nommé « Sea Lion Rocks » (quelle fantaisie !!), des phoques (dont certains vraiment très proches) et une biche. On rêve vraiment de lieux comme celui-ci juste à côté de chez nous…Encore un endroit dans lequel on pourrait facilement passer la journée. Mais une fois de plus, le temps nous est compté et il nous faut reprendre la route en direction du nord, après un dernier passage à Carmel pour revoir la superbe plage.

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Je me souviens encore de cette tristesse qu’on ressentait à quitter tout ça parce qu’on savait qu’on allait retrouver la ville et cela ne nous enchantait pas vraiment !!

Comme nous ne savions pas encore où nous allions dormir, nous avons fait un passage par Santa Cruz. Le nom de cette ville me faisait retomber en enfance car cela me faisait penser à la célèbre marque de Skate des années 80-90. Et ça n’est pas un hasard puisque la ville est un repère de skateurs et surfeurs. D’ailleurs, il y fait bien plus beau qu’ailleurs. Chose assez étonnante car en moins d’une heure de route on venait de retrouver le soleil et la chaleur !! Nous y serions donc bien restés si les prix n’étaient pas encore plus fous qu’ailleurs. Sur Booking on ne trouvait rien à moins de 200 dollars, et effectivement, une fois sur place, on a rien trouvé d’intéressant. On s’est arrêtés au 1er motel sur place qui affichait des dispo avec une annonce de tarif à 190 dollars. Et sur le trottoir d’en face, c’était encore pire : 290 dollars !! Pour dormir dans un motel sans aucun charme. Il est vrai qu’on était samedi soir, mais j’ai peine à croire que Santa Cruz soit prisée à ce point pour afficher de tels tarifs. Ce monde est devenu dingue…

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En tout cas, nous regrettons de ne pas avoir pu nous y dormir et continuons donc plus vers le nord, en étant accompagné par le vol des majestueux pélicans. Un moment de grâce sur fond de coucher de soleil. Imaginez un peu le vol d’oiseau qu’on croirait sortis de Jurassic Park, volant à notre hauteur (nous sommes toujours sur la route numéro 1 qui longe la côte et les falaises).

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Nous pensions trouver un logement à Half Moon Bay mais il semble qu’une fois de plus le sort en ait décidé autrement puisque tout était complet (la faute à un gros mariage dans la ville apparemment). C’est bien dommage parce que rien que le nom de la ville faisait rêver. Vous imaginez vous : habiter une ville du nom de « la baie de la demi lune » !!! Dire que chez nous on a des villes aussi bien nommées que « Hallennes-lez-Haubourdin » ou « Beuvry »….la classe à la française quoi !!

Bref, nous voilà à la recherche d’une chambre et pour ça nous prenons la direction de San Jose, qui s’avère en fait être la proche banlieue de San Francisco. On ne pensait pas remonter dans ce coin là aussi vite, mais ce sont les aléas des voyages. On ne s’attendait pas non plus à trouver une aussi grande ville alors que ça fait 2 semaines qu’on traverse des parcs nationaux ou des petites villes toutes plus charmantes les unes que les autres. Nous n’y étions pas vraiment préparés…

Nous avions repérés une adresse sur Booking, un motel, dans la ville de Redwood City. Mais…comment dire, après l’adresse de rêve d’hier soir, nous retrouver dans un motel miteux (Indian Style encore une fois) à plus de 130 dollars ne nous enchantait pas vraiment !! Nous sommes donc allés voir au Best Western juste à côté qui s’avèrera bien plus confortable et ce pour le même tarif. Bien sûr, on aurait aimé ne pas avoir à dépenser autant pour dormir aussi près de San Francisco. Mais se loger sur la Côte à cette période n’est pas évident et finalement on s’en sort plutôt bien.

En tout cas, ce retour à la vie sauvage (la ville quoi…) ne nous rend pas des plus heureux, et il faudra au moins un bon gros Whooper du Burger King pour soulager notre peine !!

Dimanche 21 aout, Redwood City/San Francisco

Contraste du jour : arriver à San Francisco, « tout simplement ».

*Nous touchons à la fin (la vraie fin du séjour est déjà écrite) de ce road trip, mais nous avons besoin de retrouver encore un peu de nature. Nous retournons donc vers Half Moon Bay qui porte très bien son nom puisqu’il s’agit d’une ville logée au coeur d’une baie dont la forme rappelle celle d’une….demi-lune bien sûr !! Un autre endroit où on sent tout de suite qu’il fait bon vivre (pour peu qu’on ai suffisamment d’argent sur son compte en banque une fois de plus). Là encore, de superbes maisons avec vue sur la baie à une demi-heure de San Francisco…que rêver de mieux ?

On touche vraiment à ce qu’est la fameuse vie californienne en mangeant nos derniers sandwich sur une plage sur laquelle on peut admirer quelques surfeurs. Nous sommes dimanche. La vie s’écoule aussi tranquillement que chez nous. Sauf qu’on est en Californie et que cet Etat semble vraiment à part aux Etats-Unis.

Nous terminons donc notre road trip en remontant la Highway 1 avec nos dernières vues sur le Grand Océan Pacifique. Et rapidement la banlieue de SF fait son apparition. Amusant de conduire ici, d’arriver dans cette ville si culte.

La suite…a été rédigée il y a 3 semaines……..j’en ai terminé avec ce récit qui sera probablement encore agrémenté d’autres détails et informations oubliées entre temps. En attendant, on rêve encore de ce voyage qu’on aimerait pouvoir renouveler au plus vite. Parce qu’une fois qu’on a gouté à l’Amérique, difficile de s’en passer. Je n’y croyais pas vraiment, pensant que le dépaysement ne serait pas aussi important qu’en Asie. Mais finalement, nos vies sont bien éloignées et tout ce qu’on aura vu des Etats-Unis ressemble à la vie idéale. Même si encore une fois, on sait bien qu’on a vu que le côté touristique.

Mais pour ma part je suis tombé amoureux de cette vie. Et je sais que Nathalie également, même si elle connaissait déjà depuis plusieurs années.

Depuis ce fameux après-midi au bord de la piscine, je n’ai pas trouvé le temps d’écrire en direct !! Mais il est suffisamment tôt ici à San Francisco (21h40 en fait…..) pour transmettre un 1er ressenti de notre arrivée. Cette ville, presque aussi culte que NY fait partie des incontournables des Etats-Unis. Nous en attendons beaucoup (surtout moi puisque Nath y a déjà séjourné il y a presque 20 ans).

Notre arrivée se fait en voiture. Je ne saurais dire quelle est la meilleure façon d’aborder la ville (probablement par la voie maritime mais je ne sais pas si c’est possible), mais la voiture me semble un bon moyen puisqu’elle permet de se rendre compte à quel point la ville est étendue et surtout pentue (voire très pentue. Voire même très très pentue). En bon touriste que je (nous sommes) suis, je voulais profiter du fait d’avoir encore la voiture pour descendre la fameuse Lombard Street (pour le coup j’ai presque honte d’avoir eu envie de faire comme tout le monde, mais c’est tellement tentant). Nous sommes loin d’être les seuls, mais cela n’aura fait qu’un détour amusant de quelques minutes. On a pu voir cette rue dans tellement de films que je me devais de le faire. Suivre les voitures à la queue leu leu est presque ridicule, mais qu’importe, je suis sûr que tous les touristes à pied nous enviaient !!!

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Direction ensuite Bush Street sur laquelle est située l’agence Alamo où nous allons rendre notre Jeep (non sans un petit pincement au cœur…c’est con, ça n’est qu’une voiture) avec laquelle nous aurons parcourus plus de 4000km en 2 semaines, et l’Hôtel des Arts que nous avons choisis pour notre séjour, plutôt pratique donc, vu notre barda.

L’hôtel est sympa, bien décoré et assez bien situé semble-t-il. Bien sûr, après les nombreuses adresses de charme de notre séjour, nous retrouver dans une assez petite chambre sans vraiment de vue en plein centre-ville fait un peu bizarre. Retour à la réalité….

Il est environ 16h, nous avons largement le temps d’aller découvrir un peu la ville. L’entrée de Chinatown se situe en face de l’hôtel, c’est donc par la porte asiatique de San Francisco que nous entrons dans le vif du sujet. Une entrée en matière originale pour découvrir une ville américaine…

Le royaume du kitch et du mauvais goût, mais animé et amusant. Intéressant aussi de voir à quel point la communauté chinoise (qui représente une très grosse partie de la population de la ville) a investie tout un quartier en s’appropriant également la décoration des immeubles avec des éléments typiques.

La limite entre les quartiers est assez franche, et d’une rue à l’autre nous arrivons dans un quartier plus « traditionnel » si je puis dire, avec ses bars dans lesquels des groupes de jazz ou de rock jouent gratuitement en plein après-midi, et ses petits magasins sympas.

Au bout d’une 1/2h de marche (ça monte et ça grimpe….SF doit être la ville la plus fatigante du monde dans laquelle marcher), nous arrivons au Pier 39. Le Disneyland de SF, l’endroit où le tourisme de masse se fait le plus ressentir, bref, c’est un peu l’horreur. Peut-être est-ce parce qu’on était dimanche ? Nous l’espérons, parce que pour le moment, on a eu du mal à « entrer » dans SF comme il se doit. Tout le monde aime cette ville, Nathalie la 1ère d’ailleurs. Mais cette fois, le charme n’opère pas tout de suite. La faute au début magique et formidable du voyage, à la météo peu favorable (il fait vraiment froid, on se croirait en novembre chez nous…pas vraiment l’idéal pour découvrir une ville alors qu’on est en août), et tout simplement au fait qu’on sort de 2 semaines de liberté, de grands espaces, de solitude (relative suivant les endroits bien sûr), de vie sauvage comme on a rarement l’occasion de l’observer, d’hôtels et de lieux plus charmants les uns que les autres….

L’ambiance sur la baie (avec la vision d’Alcatraz) est néanmoins impressionnante, d’autant qu’une rapide percée du soleil nous offre un peu de couleurs bienvenues en cette fin de journée.

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Lundi 22 aout, San Francisco

Le Routard dit que SF est une des rares villes américaine qui se visite à pied de par son côté plus intimiste. Je ne sais pas trop où ils ont vus ça, mais nous, après presque15 km à pied on est cuits, et on a l’impression de ne pas avoir vus grand-chose de la ville !!

On a pourtant pris notre temps ce matin et ne sommes partis de l’hôtel que vers 11h, mais depuis, on n’a pas arrêté de marcher !!

Direction Market Street pour prendre le bus vers Haight Ashbury (prévoir la monnaie pour le bus car la machine ne rend pas la monnaie. 4,5 dollars pour 2). Comme hier, on ne ressent pas du tout la même chose qu’à NY. Déjà, on trouve les gens bien moins avenants et souriants. On ne peut même pas dire que ce soit lié au fait qu’on soit dans une grande ville puisque NY est bien plus grande et qu’on y a toujours fait que des rencontres sympathiques, alors qu’ici en 2 jours on a l’impression d’être seuls et de parfaits étrangers. Sensation étrange après les excellents accueils et rencontres qu’on a fait au cours de notre road trip.

Habitués à la mixité en France et à NY, on ne ressent pas non plus la même sensation de parfaite intégration ici à SF. C’est d’autant plus étonnant qu’on lit souvent que SF est un modèle du genre. La ville est une des plus riches des Etats-Unis, mais lorsqu’on visite par soi même, qu’on utilise les transports en commun et qu’on marche beaucoup, on est surtout confrontés à beaucoup de pauvreté avec tous les Homeless présents partout. Je sais bien qu’on ne vit pas dans le monde des bisounours, mais pendant les 2 semaines de road trip on a parfois eu l’impression d’y être, et on a un peu de mal à en sortir !!

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Nous descendons au niveau du quartier de Lower Haight. Rien de particulier à en dire. L’endroit doit être sympa avec un peu plus d’animation, mais en ce lundi matin, c’est le calme plat. Nous sommes à côté des “Painted Ladies”, ces maisons que l’on voit sur toutes les cartes postales avec les buildings en arrière-plan. Un incontournable de la ville. Sauf que là aussi, nous en sortons déçus. La faute à toutes ces images que l’on a en tête qui font que sur place, le charme n’opère pas forcément. Le parc situé juste au dessus est en travaux, et ne permet donc pas de prendre le recul suffisant pour apprécier les maisons à leur juste valeur. Celles-ci valent maintenant plusieurs millions de dollars, sont bien jolies, typiques, mais en dehors du côté culte du coin, on peut très facilement s’en passer.

Encore quelques km à pied avant d’arriver à ce “fameux” quartier d’Haight Ashbury, haut lieu de la culture punk/hippie. Sympa c’est vrai, mais on a vu mieux. Les magasins proposent surtout des articles en provenance d’Asie (en gros tous les trucs hippie) comme on en trouvait déjà en France il y a 20 ans et ne présentent franchement que peu d’intérêt.

Après notre repas le plus gras du séjour (oui aux Etats Unis on peut trouver plus gras que gras), au Pork Store Café (ça ne s’invente pas…), nous nous rendons à ce qu’on aura finalement le plus apprécié dans le quartier, juste avant l’entrée du Golden Gate Park (plus grand que Central Park quand même).Il s’agit de Amoeba Music, le plus grand magasin de disque indépendant des Etats Unis !! L’occasion pour moi de compléter ma collection de CD avec quelques maxis de Pearl Jam difficiles à trouver pour à peine 2 dollars. Fans de musique vous êtes prévenus, si vous allez à SF prévoyez un budget et de la place dans la valise.

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De là plusieurs solutions s’offrent à nous. Le temps n’est toujours pas idéal mais nous décidons de continuer à pied au gré du hasard. Nous sommes loin du centre et n’avions pas pris de carte de transports. Finalement, nous découvrons une ville qui doit être agréable à vivre (si tant est, comme souvent, que l’on en ai les moyens), avec ces superbes maisons victoriennes toutes plus grandes les unes que les autres.

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Nous arrivons (après une bonne heure de marche), au niveau de Marina Disctrict, un quartier idéal pour loger et très bien placé si vous avez une voiture de location (de nombreux motels s’y trouvent). Après un petit arrêt photo avec vue sur le superbe Golden Gate Bridge il est temps de prendre la route du retour. C’est toujours à pied que nous remontons la (très) longue Lombard Street. Celle ci se termine par la fameuse rue que nous avons empruntés hier en voiture lors de notre arrivée et que nous abordons donc à pied aujourd’hui.

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L’emprunter à pied pour la descendre est bien agréable, d’autant qu’elle est beaucoup moins fréquentée que la veille. Mais il faut prendre en compte une chose : pour la descendre, il faut bien la monter !! Et après avoir marché une bonne partie de la journée, ses presque 30% de déclivité se font sentir !!

De là nous rejoindrons notre hôtel (encore 2 bons kilomètres) et finissons donc cette première vraie journée de découverte.

Mardi 22 aout,San Francisco/Sausalita

Contrairement à NY où tu te prends une grosse claque en sortant du métro (voire même en entrant dans le métro), SF m’a (nous a) demandé un peu plus de temps pour être appréciée.

Après avoir arpenté les rues à pied hier, nous décidons de louer une voiture pour nos 2 derniers jours afin de pouvoir explorer les environs, notamment la fameuse baie de SF de l’autre côté du Golden Gate Bridge.

Cette fois, le beau temps est de la partie, et il faut bien avouer que ça change beaucoup de choses !

Si le manque de soleil ne nous avait pas empêchés d’apprécier Monterey et Carmel, le froid de SF nous avait…bien refroidis !!

Notre hôtel est situé entre Chinatown et Financial District. On peut considérer qu’il est parfaitement bien placé, mais lorsqu’il fait beau, être au bord de la mer peut sembler être une option plus agréable. Cette ville peut s’apprécier pour beaucoup de choses, mais je pense que son atout principal c’est sa baie et l’ouverture sur l’horizon qu’elle propose. Hors, si on loge en plein centre ville, on ne peut pas la voir, et j’ai ressenti comme un sentiment d’enfermement (bon…peut-être pas autant qu’un prisonnier d’Alcatraz bien sûr, mais quand même) en ne voyant l’horizon qu’en s’éloignant du centre ou en prenant de la hauteur.

Je disais donc : direction le nord et Sausalita, une ville bourgeoise située pile en face de SF, accessible en quelques minutes de voiture après avoir traversé l’impressionnant et cultissime Golden Gate Bridge !! En voiture on a à peine le temps d’en profiter et il est impossible de s’arrêter pour en apprécier toute la grandeur et la hauteur.

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Sausalita est surtout connue pour une chose : ses “Homeboat”, qui comme son nom l’indique très bien sont des « maisons bateau ». C’est plutôt amusant à voir et aussi tout à fait unique : des centaines de maisons dont certaines assez loufoques, construites sur d’anciennes barges ayant servi au débarquement pendant la seconde guerre mondiale.

S’ensuit une petite visite dans le centre ville, assez bourgeois, sorte de Carmel de la baie de San Francisco (même si j’ai bien plus apprécié Carmel…). L’endroit vaut finalement plus le coup pour son incroyable vue sur la (mini) Skyline de SF (on a commencé par NY en début de séjour donc…), mais néanmoins impressionnante et superbe que pour ses boutiques et/ou resto (on va dire que si l’on veut bien manger il faut casser la tirelire en gros).

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L’alternative à la voiture et l’un des classiques de SF étant la promenade à Vélo depuis SF avec retour en ferry. Mais avec le temps de la veille (et les tarifs complètement délirant des locations de vélo aux States), la voiture nous semblait un choix plus judicieux. A refaire une prochaine fois donc. D’autant qu’il nous faut aussi faire Alcatraz qu’on a pas pu faire cette fois ci parce qu’il n’y avait plus de place disponible à la réservation.

En tant que vieux fan de Metallica, le fait de me trouver à une vingtaine de minutes en voiture de leur célèbre (quand on connaît bien sûr) studio d’enregistrement (le Metallica HQ) m’obligeait presque à aller y faire un tour.

Situé à San Rafael, le studio est complètement anonyme, et si je n’avais pas fait un repérage sur Google avant d’y aller, il est impossible à repérer. Sauf si bien sûr comme nous vous arrivez et….Lars sort dehors (en chaussettes) pour prendre une pause en plein milieu du mixage de leur nouvel album !!

Il faut bien s’imaginer que de voir le batteur du plus grand groupe de Metal de tous les temps m’a fait quelque chose. J’ai trouvé cette rencontre tellement naturelle et simple finalement…on est loin du monde des pseudos stars inaccessibles. Lars a beau en faire des tonnes en concert ou en interview, c’est ce qu’il est, et il n’en demeure pas moins une légende absolue du monde de la musique. Et on l’a vu en chaussettes, jouant avec une balle de base ball tout en discutant et en proposant de faire des photos ensemble. Je n’en reviens toujours pas de la chance qu’on a eu !

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Metallica n’était pas en tournée ou en vacances. Metallica était en plein enregistrement de leur nouvel album (Hardwired…To Self-Destruct), à domicile, et il fallait une sacré dose de chance pour arriver exactement au moment de sa pause…

Bref. Je suis heureux de cette rencontre dont je me souviendrais à vie !!

Le nord de San Francisco est donc à découvrir également. Forêts, plage, petites villes sympa, ainsi que la région viticole de Napa. Autant de choses à visiter lors d’un prochain séjour.

De ce côté du pont on trouve plusieurs points de vue (mieux vaut avoir une voiture parce qu’à vélo ça grimpe sec !!). Ces points de vue sont vraiment saisissants et permettent de se rendre compte du gigantisme de l’ouvrage. Ils sont aussi très photogéniques, si tant est que le beau temps soit de la partie. Photographiquement, beau temps ne signifie pas forcément soleil et ciel bleu. Mais le pont étant souvent recouvert par le brouillard, il n’est pas aisé de le prendre en photo et nos conditions n’étaient pas vraiment idéales. Mais qu’importe. Ces vues sont suffisamment impressionnantes pour valoir la visite.

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Après avoir retraversés le pont pour rejoindre la ville, nous allons vers une adresse que nous avions repérés la veille. Il s’agissait d’un restaurant chinois devant lequel il y avait une longue file d’attente, ce qui est souvent bon signe. L’endroit était déjà plein, mais le turn-over se fait assez rapidement. C’est à la fois un avantage quand on attend, mais aussi un inconvénient une fois à table. On sent qu’il faut que ça défile. Cela n’empêche cependant pas de prendre son temps comme nous l’avons fait. Les prix sont tout à fait corrects et la nourriture également. De la bonne bouffe chinoise comme on aime. Le repas aura été l’occasion de discuter avec de sympathiques américains, comme on en aura rencontrés tout au long de notre séjour. Rares sont les occasions en France où on discute avec des inconnus. L’effet voyage y est probablement pour beaucoup, mais les américains sont vraiment avenants, désireux de parler, d’échanger, et cela permet de passer de bons moments.

Nous profitons d’avoir la voiture pour aller voir le Golden Gate de nuit (n’écoutez vraiment pas ceux qui vous disent que la circulation à San Francisco est compliquée, il n’en est rien !!). Le pont est vraiment très éloigné de la ville, et de nuit il n’est pas évident de s’y rendre par les transports en commun. Il faut aller dans le parc du Presidio, véritable labyrinthe dans lequel il vaut mieux avoir un bon sens de l’orientation, surtout la nuit. C’est là que nous ferons la rencontre des charmants raton laveur. Ils sont partout, se cachant dans les égouts.

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Hormis les ratons laveur, nous sommes presque seuls au monde. Encore une fois, malgré le fait que nous soyons en plein mois d’août, il fait vraiment très froid le soir, et le vent n’arrange rien. Mais il faut absolument voir le Golden Gate Bridge la nuit. L’ambiance est irréelle. Nous installons nos trépieds lorsqu’un raton laveur s’approche de nous pour nous tenir compagnie.

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Il y a de nombreux incontournables aux Etats-Unis, et nul doute que voir le pont de nuit en fait partie.

Mercredi 23 aout, San Francisco/Paris

San Francisco International Airport. Je commence le récit de la journée par la fin, mais au point où j’en suis…

Un petit retour à chaud du séjour : un voyage incroyable, inoubliable même. Et je pèse mes mots. Je ne dis pas ça pour faire croire que tout était génial ou qu’on a vécu un meilleur voyage que n’importe qui d’autre qui serait allé aux Etats-Unis, mais chacun son voyage, une fois de plus, et le notre fut formidable.

Bien sûr on aurait pu changer certaines choses, mais on ne peut pas tout prévoir à l’avance et c’est tant mieux !! Les excellentes et nombreuses surprises qu’on aura vécues au cours du voyage auxquelles on ne s’attendait pas auront rendu celui-ci unique et inoubliable.

Il faut bien se mettre ça en tête lorsqu’on voyage : on peut lire autant de guides ou de blog qu’on veut et trouver ça formidable, une fois qu’on y est, ce sera différent de ce qu’on a lu ou vu. Chaque rencontre et chaque évènement connu lors du voyage est le fruit du hasard et ne peut être anticipé, sous peine de connaître des déceptions liées à trop d’attentes avant le voyage. Il faut se laisser porter par le temps, par la météo, par tous ces impondérables qui font la vie : notre rencontre avec l’ours n’aurait pas eu lieu si nous étions restés dans nos Meadows adorés pour aller voir les Sequoias. Nous n’aurions peut-être pas vus les baleines d’aussi près si nous avions choisis une autre compagnie, nous n’aurions pas vécu une soirée musicale aussi sympathique s’il y avait eu de la place au camping à Bryce Canyon, nous n’aurions pas mangé l’excellent burger chez Big Al si nous avions choisis un hôtel à Page, nous ne serions pas entrés dans un monde parallèle et magique à Big Sur si nous avions décidés de dormir au camping….etc. etc. Chacun de ces moments est unique et le restera, et c’est ça qui fait la beauté et la magie de notre voyage. Et même si nous voulions nous même les reproduire nous ne pourrions pas parce que nous saurions où nous mettrions les pieds…la magie se serait envolée…

Nous voilà donc à l’aéroport. Il reste une petite heure avant d’embarquer. Le soleil se couche derrière les nuages surplombant les collines qui entourent SF. Quelle étrange ville. En parcourant quelques kilomètres on passe d’une météo écossaise à une météo californienne : T shirt et lunettes de soleil en terrasse au Fisherman Wharf pour doudoune et vent glacial sur la plage de Baker Beach quelques minutes plus tard…

J’ai rarement vu une ville aussi contrastée : beaucoup de richesse côtoyant l’extrême pauvreté avec tous les homeless. Etrange. On se demande comment les habitants vivent cette cohabitation. Est-ce que ça les gêne ? Trouvent-ils ça normal ? La ville favorise une politique d’aide aux sans abris, d’où cet afflux. En France, la majorité s’insurgerait contre ça. Et eux ? Et nous ? …………..

Difficile de ne pas les voir, de faire semblant de les oublier, de ne pas les regarder, de ne pas se sentir touchés. Mais en même temps, à notre simple niveau de voyageur, nous sommes impuissants et nous vivions notre vie comme si de rien n’était. Mais je sais que Nathalie ressentait la même chose que moi…on est bien, mais on ne peut pas faire semblant de ne pas les voir.

Je reviens sur le début de la journée quand même….check out de l’hôtel, récupération de la voiture au parking et départ pour nos dernières heures de visite à SF et à fortiori, aux States. Direction Union Square histoire de voir à quoi ça ressemble. Une grande place comme dans toutes les grandes villes, avec une statue au milieu et beaucoup de magasins de chaine autour. Sans intérêt donc. De toute façon, impossible de se garer sans retourner dans un parking payant.

Nous avions prévus de retourner vers les Pier et le Fisherman Warf, d’autant que cette fois, le soleil est de la partie. L’endroit est bien plus agréable qu’à notre arrivée dimanche. On dira ce qu’on voudra, mais le soleil change beaucoup l’effet que peut avoir une ville. Certes on a apprécié Monterey et Carmel sans soleil, mais c’est plus intimiste, et tellement beau que ça passait, et surtout, cela collait à l’ambiance de bord de mer.

Pour San Francisco en revanche, le soleil nous fait revenir un peu en vacances, parce que visiter une ville avec un vent glacial n’aide pas vraiment à apprécier…

Autre élément important : il y avait beaucoup moins de monde que dimanche. On a du mal à apprécier certains endroits lorsque ceux-ci sont bondés. Bien sûr, le Fisherman Warf reste très touristique en semaine, d’autant plus à midi pour le déjeuner. Les magasins sont surtout destinés aux touristes (que nous sommes donc nous avons fait nos derniers achats souvenirs), mais l’endroit est suffisamment sympa (et reste tout de même très typique) pour être apprécié.

Bord de mer oblige, on ne peut pas ne pas remanger de Clam Chowder, cette fois ci, ce sera dans une adresse réputée (mais abordable : moins de 10 dollars pièce) : chez Boudin. Un nom impossible à oublier….

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Un dernier au revoir aux lions de mer puis nous retournons à la voiture garée quelques rues plus haut (dans tous les sens du terme). Il faut savoir qu’on peut se garer gratuitement (mais à durée limitée) dans de nombreuses rues de SF.

Il y a un dernier point de vue que nous voulions faire avant de prendre la route de l’aéroport : Baker Beach, la plage située à l’ouest du pont. Comme je le disais au-dessus, le redoutable vent frais de SF est de la partie et donne une ambiance assez dramatique au lieu pourtant assez  fréquenté. On croise même un baigneur parmi les gens en maillot de bain sur la plage….peut-être voulait-il ressentir ce que Frank Morris (encore un nom inoubliable), le prisonnier d’Alcatraz a vécu lorsqu’il a fallu traverser la baie à la nage pour s’évader…

On regrette un peu de ne pas avoir pu venir au coucher du soleil (si tant est qu’il y en ai un…) ou à l’heure bleue la veille, parce que c’est vraiment un super spot photographique.

Il nous aura fallu pas loin d’une heure, la circulation étant relativement dense, pour rejoindre l’aéroport. Le retour de la voiture chez Alamo est toujours aussi rapide et c’est donc ainsi que nous bouclons cet incroyable road trip.

Le vol de retour se passera parfaitement bien également avec un dernier coup de chance dans l’avion puisque 2 sièges se libèrent juste à côté de nous alors que nous étions sur une rangée de 4, ce qui rendra ce vol en 777 encore plus appréciable et me fait revenir sur ce que j’ai dit au tout début du récit : on est vraiment mieux dans les Boeing que dans les Airbus chez Air France…pas du tout patriote sur ce coup là mais peu importe.

Il est 3h du matin heure française, 18h à SF, et le décalage horaire fait son effet…sacré jet lag, au moins j’avance dans le récit du voyage !!